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Sondage d’opinion sur les sites de notation

La newsletter de Harris Interactive du mois d’avril apporte un éclairage intéressant sur l’opinion concernant les sites de notation et d’avis, peu de temps après les affaires Note2be et Note2bib qui ont défrayé la web-chronique…

Avis sur les sites de notation à créer

  • « 20% des Français sont intéressés par un site web permettant d’évaluer un professeur d’école ou d’université ». Sans surprise, l’intérêt pour les sites comparatifs est plus prononcé chez les 15-34 ans [28%]
  • 44% pensent que ce type de site permet d’obtenir une information plus complète pour faire son choix et 40% estiment que l’on doit pouvoir noter les personnes au même titre que les sociétés.
  • A la question de l’anonymat, l’opinion est partagée puisque 66% considèrent que les avis doivent provenir de personnes idientifiées alors que 33% souhaitent pouvoir rester anonyme.
  • La demande des internautes pour ces services de notation est forte comme on le voit dans l’encadré ci-après:

Avis sur les sites de notation à créer

L’engouement pour les sites communautaires de quartier comme Peuplade.fr et Justacoté va tout à fait dans le sens de cette enquête, qui laisse penser que les sites d’évaluation ont encore de beaux jours devant eux. On peut y voir un substitut au bouche-à-oreille local et il n’est pas étonnant d’observer que les professions concernées [garagiste, agence immobilière, élus locaux...] sont celles où la méfiance du consommateurs ou du citoyen est la plus forte. Le web communautaire est alors perçu comme une source d’info complémentaire et fiable.

Dans ces conditions, les sites de notation 2.0 seraient-ils en passe de détrôner les mastodontes de l’avis de consommateurs que sont Ciao.fr, Vozavi, Toluna, Plébiscity…? Ils constituent en tout cas un noyau de concurrents indirects qui fragmentent le secteur et qui les obligeront à se réinventer. Le seul frein qui pourrait entraver leur développement sera la contrainte juridique qui pèsent sur ces hébergeurs, étant donné que la constitution de données nominatives est interdite ["jurisprudence Note2be"] et que les mises en demeure pour des contenus diffamatoires se succèdent en ce moment. Ce risque est d’autant plus fort que le besoin d’évaluation concerne souvent des professions corporatistes totalement aversives à la critique communautaire.

Au passage, j’ai découvert [un peu tard] un site directement concurrent de Note ton entreprise, Cote ta boite, géré par l’agence Vador et à ajouter dans l’univers de la notation sur le net.

Newsletter Harris Interactive d’avril 2008

Cyber-opportunisme 2.0

Alors que l’activité de Note2be a été suspendu début mars et que le site Note2bib ferme ses portes 10 jours après sa mise en ligne, NoteTonEntreprise et DeMedica voient le jour et laissent planer un doux parfum de cyber-opportunisme sur la toile…

1. Le site Note2bib a été volontairement mis hors service par son fondateur, sans doute à cause des émuls qu’il a provoqué chez les syndicats [CSMF] et auprès de l’Ordre des Médecins. La réaction était prévisible compte tenu du sort qui a été réservé à Note2be et, en attendant le communiqué officiel prévu le 1er avril, les déclarations de Nicolas Herson Macarel [le fondateur] nous éclairent sur le but de ce site:

« nous disposons d’un site commercial www.sirius-concept.com. Ce site de rencontres éthique n’a pas eu, faute de scandales, le buzz internet qu’il méritait. Nous espérons, avec Note2bib, pouvoir augmenter le trafic et le chiffre d’affaire de sirius-concept. »

  • L’objectif étaient donc de générer du buzz [c'est chose faite] et d’aiguiller le trafic sur les autres initiatives de D&E Investments comme sirius-concept. C’est probablement pour cette raison que les fondateurs ne font pas preuve d’autant de combativité que ceux de Note2be et qu’ils ont décidé d’eux-même la suspension du site.

demedica

2. Le site Demedica.com a été lancé début mars et propose aux internautes, tout comme Note2bib, d’évaluer les prestations des médecins et autres professionnels de santé. En revanche, le site ne se contente pas des revenus publicitaires puisqu’il compte se rémunérer sur un business modèle simple: le médecin concerné par un avis défavorable ou calomnieux devra débourser 100€ pour le voir supprimer. Le fondateur a pris le soin de baser DeMedica SA à l’île Maurice et n’est donc pas inquiété par la juridiction française.

  • L’objectif est là de surfer sur le web 2.0 et ses contributeurs pour contraindre les médecins à racheter leur e-reputation à chaque fois que c’est nécessaire. D’ailleurs, DeMedica SA ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisqu’elle est en train de créer Dedomestica pour la notation des artisans et DeJuridica pour les avocats, juristes et comptables.

note-ton-entreprise notetonentreprise.com

3. Le site NoteTonEntreprise propose aux internautes de noter leur entreprise selon différents critères (paye, avantage, fun, carrière…) et de formuler une opinion générale sans qu’aucun formulaire d’inscription ne soit requis. La critique est donc facile, rapide et anonyme. Le site compte déjà au moins 150 avis sur des entreprises variées allant de Mc Donalds à Atos en passant par Ubisoft. L’objectif de ses fondateurs restent floues puisque le whois est caché et que les bannières pub n’ont pas encore envahi la homepage.

  • [MAJ 31 mars 2008] Après prise de contact avec les fondateurs de NoteTonEntreprise, ces derniers ont souhaité garder l’anonymat pour un temps. Ils travaillent actuellement à la conception d’un module de réponses pour les entreprises et n’ont pas vraiment réfléchi à la rentabilisation du site que ce soit par un droit de réponse des entreprises payant ou par de l’affichage pub. A suivre donc…

Les sites d’évaluation thématiques deviennent donc à la mode pour faire du buzz ou rémunérer directement leurs fondateurs. Outre le fait que l’on s’écarte un peu des fondamentaux du web participatif, ces initatives comporte un risque de réputation évident pour les entreprises et les personnes concernées dans la mesure où l’anonymat est roi. Avis dévastateurs, destabilisation, rumeurs, astroturfing en perspective sur ces sites qui impose la vigilance, encore une fois. D’ailleurs, en surfant sur NoteTonEntreprise je suis tombé sur plusieurs avis ultra-négatifs dont le ton laissant planer le doute quant à leur véracité…

A noter que les collaborateurs de l’agence Heaven ont bien compris le principe puisqu’il y a déjà 11 avis favorables [totalement anonymes] qui place l’agence parmi les entreprises les plus populaires du site.

Pour surfer sur NoteTonEntreprise, c’est ici

A propos de Note2be

pictorumeur.jpg

Je suis étonné que personne n’ait proposé de mettre en ligne les bulletins scolaires nominatifs des élèves….Ca obligerait peut-être mon fils à travailler un peu plus…{-)

man Coel, le 4 mars 2008 sur Scoopeo

Note2be 0 – Professeurs 1

Ca y est. La décision du Tribunal des référés a tranché hier à Paris en interdisant au site Note2be la constitution de données nominatives. Les internautes ne pourront donc plus nommer leurs profs pour les noter, y compris dans le forum de discussion. Autant dire que le site perd tout son intérêt…

Depuis le lancement du site en février, la confrontation entre partisans de Note2be et enseignants en colère est montée en puissance sur Internet, là où la polémique avait débuté. Les uns invoquent le respect de la vie privée, les autres prônent la liberté d’expression et l’application du rapport Attali. Le débat est encore hyperactif ce matin car tous les sites et blogs couvrant l’affaire sont pris d’assaut par les internautes.

Entre temps, Note2be a perdu ses 2 régies publicitaires [Zanox et autre] mais répertorié 650000 professeurs, le blog militant ContreNote2be a vu le jour, des pétitions pour et contre ont été diffusée en ligne, de nombreux blogueurs plus ou moins influents ont pris parti sur le sujet. Une grande partie de l’arsenal d’influence en ligne a donc été déployé. Mais ce qui me frappe le plus dans ce passionnant débat online, c’est la radicale opposition entre les 2 camps qui résulte [selon moi] de la confrontation brutale entre les fondamentaux du Web 2.0 et le corporatisme à la française. Choc des cultures…

L’opinion, si l’on en croit les quelques sondages qui traînent sur le net, serait majoritairement favorable à la décision de justice qui vient d’être rendue sans pour autant remettre en cause la nécessité de mieux évaluer les professeurs. Bonne idée donc, mais mauvaise méthode.

Affaire à suivre car il reste encore la décision de la CNIL, qui a été saisie de 17 plaintes et qui rendra sa décision jeudi 6 mars. Par ailleurs, Stéphane Cola a fait appel de ce jugement. Il pourrait envisager soit de délocaliser son hébergement en Allemagne [où la jursiprudence a donné raison à Spickmich], soit de restreindre le concept de notation aux établissements [échappant ainsi à la contrainte nominative].

La polémique n’est d’ailleurs pas prète de s’arrêter car le lancement du site Note2bib [même principe de notation pour les médecins] est prévu pour le 15 mars…Récupération de buzz, e-opportunisme vous avez dit?

La buzztrend