Quels sont les dispositifs nécessaires pour mettre en œuvre la stratégie « Web Social » ?
La rentrée 2010 s’annonce chaude dans le milieux de l’E-réputation en France, avec l’arrivée en force de nouveaux acteurs aux méthodes toutes particulières notamment Face [Your] Reputation et autres « nettoyeurs du web » qui proposent des tarifs scandaleusement bas comme Zen Reputation. Le risque commercial pour les agences spécialisées comme i&e ON, Human 2 Human, Scanblog, Boléro et d’autres me parait cependant assez faible étant donné le niveau de crédibilité de ce type de structures « opportunistes ».
Dans cette jungle, il n’est pas toujours facile de cerner les bonnes pratiques et c’est donc avec grand plaisir que j’ai participé a l’élaboration du Guide Pratique de l’E-Réputation à l’usage des entreprises organisé par Amal et Amine du Digital Reputation Blog. Parmi les auteurs, on retrouve une bonne partie des spécialistes du domaine: Gautier Barbe du blog Boite de Veille, le très respecté Aref Jdey, Thibault Souchet de Spintank, Roland de Vanksen, l’omniprésente Michelle de Synthesio, sans oublier l’impertinent Frédéric Martinet et Alexandre Villeneuve, oublié du livre blanc 2009. Et la liste continue…

Crédit image: The 2010 Social Networking Map, Etahn Bloch
Quels sont les dispositifs nécessaires pour mettre en œuvre la stratégie « Web Social » ? Voila la question qui m’a été posée. Mes six recommandations présentes dans le guide se trouve a la suite:
1. Choisir ses communautés : Concentrez vos efforts sur les populations d’internautes les plus stratégiques à votre marque a l’aide d’une cartographie des plate-formes et personnes influentes. Développez de l’attention sur ces cibles en priorité (Exemple avec FollowerWonk)
2. Avoir des objectifs clairs : Cernez vos besoins (sensibilisation, vente, fidélisation…) et fixez des indicateurs de performance au début du projet comme le taux d’engagement sur Facebook, le nombre de followers sur Twitter, l’audience du blog, le taux de conversion d’une page etc. (Guide à consulter : Social Marketing Analytics, Altimeter Group, Avril 2010)
3. Devenir expert, aider les internautes : Contribuez à faire avancer les sujets qui vous concernent avec l’idée d’apporter une valeur ajoutée dans les débat en ligne. Il vous faudra définir une organisation éditoriale pour publier du contenu de qualité et très régulièrement. (Article en lien: 5 easy steps to a winning social media plan, Emily Soares Proctor, Social media examiner, Juin 2010)
4. Observer vos quatre piliers en ligne : surveillez votre marque, vos concurrents, vos marchés et vos clients en mettant en place un processus de veille et d’alertes emails sur internet quotidien à l’aide de logiciels gratuits ou payants (Guide pratique : Social media monitoring on a shoestring, Marshall Sponder, Mars 2010).
5. Rédiger une charte des média sociaux (« social media policy ») : Définissez un cadre d’usage des média sociaux pour les salariés (objectif, outils, procédures, thématiques) tout en les incitant à participer en tant qu’ambassadeurs de votre marque. (Base de données, Social media governance, 2009)
6. Engager un community manager : Personne idéalement légitime en interne, communicante et technophile, elle vous aidera à faire le relais entre off- et online, à créer des procédures de réponse et a coordonner les interactions entre les communautés en ligne et les départements interne (Service conso, HR, Innovation…) (Présentation en lien : Le métier de Community Manager, Dagober, avril 2010)
Retrouvez l’ensemble des contributions dans le guide complet, disponible sur Slideshare ou directement en pdf.
Et bonne rentrée a tous…
Profession : Directeur Conseil chez Publicis Consultants | Net Intelligenz
Dimitri Granger vient récemment d’être promu au poste de directeur conseil au sein de l’agence Net Intelligenz, le pool d’expert de Publicis Consultants sur les dossiers de veille d’opinion, de RP 2.0, d’influence et de gestion de dispositifs communautaires online. Il succède ainsi à Stanislas Magniant, cofondateur du site Netpolitique.net et régulièrement sollicité pour donner son point de vue sur la communication politique sur le web, qui part pour intégrer la matrice. Retour sur le parcours et les expériences pro du nouveau responsable du département Veille/PR online, qui dirige aujourd’hui une équipe de 25 personnes.
Sur le plan des études, Dimitri a un parcours atypique puisqu’il a d’abord obtenu une Maitrise d’Histoire Contemporaine à l’Université de Versailles avant de bifurquer vers la communication institutionnelle avec un DESS au Celsa.
Sur le plan professionnel, il a débuté sa carrière en 2002 chez Euro RSCG & Co où il a participé à la conception et la mise en œuvre de stratégies corporates et d’influence auprès de grands comptes. En 2005 et après cette première expérience en agence, Il devient chargé de veille au sein du pôle « Gestion de Crise » de la SNCF. La cellule est pilotée par Céline Sibert, directrice des stratégies de communication de crise, qui a parfaitement intégré les enjeux liés au foisonnement des conversations sur les média sociaux, et encore plus pour une entreprise publiquement exposée comme la SNCF, qui génère un mécontentement quotidien chez une partie de ses usagers. Depuis 2005, l’équipe de veille a du faire face à un détournement de logo sur le blog Train-Train quotidien et à de fâcheuses rumeurs désamorcées à la fois sur Hoax Buster et par des communications directes aux blogueurs; le tout accompagné d’actions en justice et orchestré de manière très réactive. Le lancement de la plateforme Opinions & Débats en collaboration avec Net Intelligenz est certainement aussi le fruit de cette prise de conscience car elle permet de tisser des relations constructives entre internautes et porte-paroles de la SNCF. Le site compte aujourd’hui 2000 visiteurs/jour et 9500 membres (Sur ce sujet, lire la Case Study de Net Intelligenz).
Dans ce contexte, Dimitri a participé à la réorganisation de la veille stratégique en choisissant d’implanter le logiciel KB Crawl en 2006 et après une étude de marché. Les 150 sources indexées sont crawlées deux fois par jour et les informations sont redistribuées dans les différentes sous-directions du groupe sous forme de rapports de veille. Cette expérience lui aura sans doute été très profitable tant dans l’administration d’un logiciel de veille qu’en terme de gestion de crise et de community management. Il a d’ailleurs animé un atelier au salon ICC 2007 pour en restituer les enseignements.
Dimitri Granger rejoint finalement Publicis Consultants en 2007 en tant que Consultant Senior et devient aujourd’hui Directeur Conseil en charge du département Veille/PR online, sous la supervision de Xavier Théry. Parmi les opérations réalisées par l’agence, on peut citer notamment la création en juillet 2008 du Skyblog de la Halde qui avait été positivement accueilli sur Internet ou encore l’animation du fil d’informations Renault Live sur Twitter lors du Salon de l’Automobile [ Dommage que ce Twitt' ne soit pas devenu un élément de dialogue sur le long terme entre Renault et ses observateurs, là où General Motors a décidé de pérenniser la démarche ]. Enfin, viennent s’ajouter les prestations de veille d’opinion sur des sujets économiques, environnementaux et institutionnels…Par ailleurs, si vous souhaitez suivre les lectures Net Intelligenz, je vous recommande l’abonnement au compte Delicious de l’équipe.
Un parcours sans faute donc, alliant connaissances théoriques en communication, expérience en agence et dans une grande entreprise et enfin compétences opérationnelles en matière de veille. Je lui souhaite bonne chance pour la suite et le remercie d’avoir répondu à nos interrogations.
[MAJ 15/01 : Suite à l'intervention de Stanilas Magniant et Dimitri Granger dans les commentaires]
Le business émergent de la gestion de e-réputation
Depuis plusieurs mois, un certain nombre d’acteurs se sont positionnés sur le business émergent de la gestion de réputation sur Internet, initialement occupé par des agences et cabinets spécialisés dans la veille d’opinion et la gestion de communautés d’internautes depuis les balbutiements du web 2.0.
Il faut dire que les études & sondages d’opinion se succèdent et s’accordent à prouver l’influence du web communautaire [blogs forums, média sociaux, wikis...] sur la perception des entreprises et sur les comportements de consommation. La dernière étude en date, mandatée par Harris Interactive et sortie au mois de juin, a même estimé qu’Internet est désormais le média le plus influent sur certaines décisions. L’ensemble de ces constats sur le pouvoir des « blogueurs influents« , la faible confiance accordée aux sites corporates, les facteurs décisionnels d’un achat et le volume des conversations au sujet des marques dans les média sociaux commencent à faire leur chemin au sein des directions d’entreprises comme chez les prestataires de conseils et services marketing. Euro-RSCG a même tenté le tout pour le tout en proposant des insertions publi-rédactionnelles sur Wikipédia.
En vrac, il y a aussi eu une actualité internet riche en rebondissements réputationnels : attaques de Greenpeace contre Univlever et Renault, badbuzz en serie contre Laure Manaudou ou Nicolas Sarkozy , la vidéo Kryptonics, le groupe d’étudiants facebookiens contre HSBC, l’éclosion des NoteTon…, l’affaire fuzz-Martinez et le constat de la dangerosité du recours juridique, l’appel chinois au boycott de Carrefour, la campagne de dénigrement contre Matelsom, le procès LVMH contre Ebay, la polémique des huiles frelatées Lesieur…Tous ces accidents de communication ont fonctionné en synergie comme autant de preuve de la fragilité des entreprises et des personnalités publiques dans un univers transparent, organisé en réseau, qui privilégie les sources informelles et qui archive l’intégralité des contenus. L’engouement médiatique pour la chose virale sur le net ainsi que l’avènement des concepts d’identité numérique et de e-reputation ont aussi participé à la vulgarisation des enjeux liés à la redistribution des pouvoirs entre enteprises et parties prenantes sur Internet.
Les prestataires de veille d’opinion et de gestion de web-reputation se sont donc multipliés ces derniers mois, profitant de cette prise de conscience généralisée pour axer leur business sur la gestion d’entreprise à travers les médias sociaux. Parmi les acteurs clés du secteur, on retrouve des solutions historiques de veille [ AMI Opinion Tracker et Digimind ] qui ont fait évoluer une partie de leurs outils d’analyse pour gérer la surveillance des médias sociaux et s’adresser ainsi à un public d’entreprises plus large que les demandeurs de plateforme d’intelligence économique. Ces éditeurs de logiciel doivent aujourd’hui faire face à une nuée de solution de buzz monitoring concurrentes [ Sentiment Metrics, Andiamo ,Trackur, Weetrack, Pleegs, Trendybuzz ] qui proposent des services clés en main et peu onéreux. Certains groupes de communication investissent également le créneau en adoptant leurs propres outils intégrés [ SmallTalks de Bonnie & Clyde, Radian6 de McCann ], gage apparent de la qualité de leur réflexion stratégique à l’heure du 2.0. Sur un plan plus large, certains business adjacents comme le buzz-marketing [ YoutoYou ] et les RP [ B2Win ] commencent à incorporer des services d’observation de réputation avant et après le déroulement d’opérations virales, dans le but d’affiner leurs stratégies et de fidéliser leurs clients. D’autres comme Webformance et Hington Klarsey orientent leur expertise sur le référencement, qui constitue effectivement une arme indiscutable en période de crise comme sur le long terme. Enfin, on voit apparaître d’anciens collaborateurs d’agence en reconversion [ E-Walking ].
Ce marché émergent, abordé par le prisme du marketing, de la communication, de la veille, du conseil juridique, du référencement, du risque ou des RP prouve bien que la surveillance des médias sociaux, le dialogue avec les communautés d’internautes et la maîtrise des réseaux d’influence sont des enjeux stratégiques à l’heure du web communautaire et qu’il y a une tendance à la convergence des acteurs sur ces compétences. Les prestataires reconnus dans ce domaine seront incontestablement ceux qui parviendront à mettre en oeuvre une stratégie globale alliant toutes les disciplines précédemment citées afin de gérer les situations de crise réputationnelles et d’accompagner durablement l’entreprise dans les média sociaux.
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