Google et la protection des données

Date avril 10, 2008

Une info intox publiée dans The Inquirer passée relativement inaperçue, Google serait en train de lancer une cellule de veille stratégique destinée à suivre la notoriété des personnalités publiques et à lutter contre la diffusion de fausses rumeurs à leur encontre sur le net.

google veille stratégique réputation numérique

La cellule de veille, installée au siège de Google en Californie, sera dirigée par un ancien de la NSA qui animera un réseau d’une centaine de veilleurs répartis à travers les implantations mondiales de Google. Les responsables du projet ont mis à leur disposition une version customisée de Google News couplée avec un outil de tracking pour leur permettre de déterminer la véracité des informations.

Les raisons invoquées par le porte-parole interviewé dans The Inquirer me laisse perplexe. Il s’agirait de lutter contre la désinformation, de protéger l’identité numérique et la réputation des personnalités publiques pour garantir la qualité des résultats du moteur de recherche. Cette déclaration intervient peu de temps après l’affaire Fuzz vs Olivier Martinez et alors que la responsabilité juridique des acteurs du web reste en chantier dans beaucoup de pays. Google aurait-il peur de se voir tenu pour co-responsable de la propagation virtuelle de propos diffamatoires à l’encontre de Brad Pitt, Barack Obama…? Sans doute.

Les récentes collaborations de Google avec les services de renseignements américains ne sont sûrement pas étrangères à la mise en place de ce type de démarche qui relève de l’intelligence réputationnelle. En effet, les projets communs se sont multipliés ses dernières années [A-space, Intellipedia]; Google apportant son savoir faire technologique en matière de gestion de réseaux sociaux et de portails collaboratifs. Ce n’est donc pas étonnant de voir un ex-agent de la NSA à la tête de cette organisation; apportant ainsi ses compétences en matière de détection de menaces et d’organisation du renseignement. Le rapprochement de Google avec la NSA et d’autres [FBI et la CIA] en fonction d’intérêts commerciaux légitimes pose néanmoins le problème de la confidentialité des données personnelles et de la protection de la vie privée. Même si Bruxelles durcit la législation sur la conservation des données personnelles, cette proximité entre collecteurs d’infos et service d’Etat force à la prudence des entreprises [ayant des intérêts engagés aux USA] quand à l’utilisation des nombreux Google servicies.

L’article de The Inquirer ne cite pas ses sources, aucun nom et je ne parviens pas à trouver le communiqué de presse de Google dont l’auteur parle. Pas souci de validité de l’info, j’ai donc pris contact avec l’auteur et mettrai mon billet à jour s’il daigne me répondre.

[MAJ, 11 avril 08] Comme me l’a très justement fait remarquer Aref, l’info date du 1er avril, c’est donc probablement un joli poisson. En revanche, cela ne remet pas en question le principe de précaution qu’il faut avoir vis-à-vis de Google. La part d’ombre demeure quant à la possible récupération de certaines données par les services d’Etat américains.

[MAJ, 7 mai 2008] Un article de l’Expansion repris par Vtech montre que les professionnels de l’Intelligence économique en France sont également suspicieux à l’égard de Google, notamment en raison du Patriot Act qui octroie aux services de renseignement américains une grande liberté d’action sur les données stockées au USA. Prudence donc.

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One Response to “Google et la protection des données”

  1. Nico G - INQ said:

    Bonjour,

    “Pas souci de validité de l’info, j’ai donc pris contact avec l’auteur et mettrai mon billet à jour s’il daigne me répondre.”

    Je vous confirme n’avoir strictement rien reçu de votre part sinon j’y aurai bien entendu répondu dès le 2 Avril… puisque vous l’avez remarqué, il s’agissait effectivement d’un poisson d’Avril qui rebondissait sur l’affaire Olivier Martinez contre des Webmasters.

    merci de lire INQ :)

    Nicolas

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