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Profession : Directeur Conseil chez Publicis Consultants | Net Intelligenz

publicis-net-intelligenzDimitri Granger vient récemment d’être promu au poste de directeur conseil au sein de l’agence Net Intelligenz, le pool d’expert de Publicis Consultants sur les dossiers de veille d’opinion, de RP 2.0, d’influence et de gestion de dispositifs communautaires online. Il succède ainsi à Stanislas Magniant, cofondateur du site Netpolitique.net et régulièrement sollicité pour donner son point de vue sur la communication politique sur le web, qui part pour intégrer la matrice. Retour sur le parcours et les expériences pro du nouveau responsable du département Veille/PR online, qui dirige aujourd’hui une équipe de 25 personnes.

Sur le plan des études, Dimitri a un parcours atypique puisqu’il a d’abord obtenu une Maitrise d’Histoire Contemporaine à l’Université de Versailles avant de bifurquer vers la communication institutionnelle avec un DESS au Celsa.

Sur le plan professionnel, il a débuté sa carrière en 2002 chez Euro RSCG & Co où il a participé à la conception et la mise en œuvre de stratégies corporates et d’influence auprès de grands comptes. En 2005 et après cette première expérience en agence, Il devient chargé de veille au sein du pôle « Gestion de Crise » de la SNCF. La cellule est pilotée par Céline Sibert, directrice des stratégies de communication de crise, qui a parfaitement intégré les enjeux liés au foisonnement des conversations sur les média sociaux, et encore plus pour une entreprise publiquement exposée comme la SNCF, qui génère un mécontentement quotidien chez une partie de ses usagers. Depuis 2005, l’équipe de veille a du faire face à un détournement de logo sur le blog Train-Train quotidien et à de fâcheuses rumeurs désamorcées à la fois sur Hoax Buster et par des communications directes aux blogueurs; le tout accompagné d’actions en justice et orchestré de manière très réactive. Le lancement de la plateforme Opinions & Débats en collaboration avec Net Intelligenz est certainement aussi le fruit de cette prise de conscience car elle permet de tisser des relations constructives entre internautes et porte-paroles de la SNCF. Le site compte aujourd’hui 2000 visiteurs/jour et 9500 membres (Sur ce sujet, lire la Case Study de Net Intelligenz).

Dans ce contexte, Dimitri a participé à la réorganisation de la veille stratégique en choisissant d’implanter le logiciel KB Crawl en 2006 et après une étude de marché. Les 150 sources indexées sont crawlées deux fois par jour et les informations sont redistribuées dans les différentes sous-directions du groupe sous forme de rapports de veille. Cette expérience lui aura sans doute été très profitable tant dans l’administration d’un logiciel de veille qu’en terme de gestion de crise et de community management. Il a d’ailleurs animé un atelier au salon ICC 2007 pour en restituer les enseignements.

Dimitri Granger rejoint finalement Publicis Consultants en 2007 en tant que Consultant Senior et devient aujourd’hui Directeur Conseil en charge du département Veille/PR online, sous la supervision de Xavier Théry. Parmi les opérations réalisées par l’agence, on peut citer notamment la création en juillet 2008 du Skyblog de la Halde qui avait été positivement accueilli sur Internet ou encore l’animation du fil d’informations Renault Live sur Twitter lors du Salon de l’Automobile [ Dommage que ce Twitt' ne soit pas devenu un élément de dialogue sur le long terme entre Renault et ses observateurs, là où General Motors a décidé de pérenniser la démarche ]. Enfin, viennent s’ajouter les prestations de veille d’opinion sur des sujets économiques, environnementaux et institutionnels…Par ailleurs, si vous souhaitez suivre les lectures Net Intelligenz, je vous recommande l’abonnement au compte Delicious de l’équipe.

Un parcours sans faute donc, alliant connaissances théoriques en communication, expérience en agence et dans une grande entreprise et enfin compétences opérationnelles en matière de veille. Je lui souhaite bonne chance pour la suite et le remercie d’avoir répondu à nos interrogations.

[MAJ 15/01 : Suite à l'intervention de Stanilas Magniant et Dimitri Granger dans les commentaires]

[1] Interview I&S – Présentation et parcours d’Edouard et Alex

  • Une petite présentation de vous pour commencer (cursus, disciplines de prédilection dans le web, activité de blogging, intégration à Image & Stratégie…?)

Edouard FilliasÉdouard Fillias : Passionné par le web, je n’ai jamais cessé de travailler dans cet univers : de la Start Up Xooloo dans les années 2000 (sécurisation de l’accès des enfants au net), à Publicis Conseil, Digimind (premier éditeur de solution de veille Français), puis Image & Stratégie, le fil d’ariane est toujours Internet. Je suis aujourd’hui en charge du pôle E-Stratégies de l’agence Image & Stratégie.

Diplômé de Sciences-Po Paris et d’HEC, option Nouvelles Technologies, mon gros dada sur le web a toujours été la veille stratégique. J’ai commencé à m’intéresser à la Veille en 97 / 98, aux prémisses de l’intelligence économique en France, et bossé sous la houlette d’un des papes français de la veille, Louis Chalanset (fondateur d’Innovation 128). Très rapidement, nous nous sommes mis à développer des plate-formes de veille techno fonctionnant à coup de BDD scientifiques et techniques (la norme dans les 80 – 90’s pour récupérer de l’info précise). Et puis, début 2000, le web s’est imposé comme non seulement l’outil, mais la source de référence pour toute les veilles : techniques, scientifiques, concurrentielles, marketing, etc. Au sein de la société Digimind, j’ai eu la chance de travailler au déploiement d’outils de veille dans des grandes structures corporate (SoGé, l’Oréal, France Telecom), et d’expérimenter les techniques les plus récentes, ainsi que la dimension « gestion de projet » de veille, complexe (amitiés à Christophe Asselin, le « maître du search » qui officie toujours chez Digimind).

Chez Image & Stratégie, nous nous concentrons sur la veille comme un des éléments indispensables de toute stratégie de communication online (et offline), notamment de com’ de crise. Nous proposons à nos clients des plateformes online et mobiles, clefs en main, avec une forte dimension « push mail », pour partie automatique, pour partie alimentées par des websurfeurs, spécialisées dans la détection de buzz. C’est notre plateforme « E-Stratégie », qui nous sert d’outil de travail et de reco très opérationnel. La E-Reputation, au service des entreprises, des personnalités publiques (célébrités ou politiques), est aujourd’hui au cœur de toutes nos interrogations et actions professionnelles. La veille nourrit nos actions de placement de contenus, d’argumentaires, de gestion de référencement stratégique des contenus, etc.

OW : En poste chez Digimind, Édouard Fillias a rédigé un livre blanc sur la question centrale du ROI dans le cadre d’un projet de veille. Il intervient régulièrement sur BFM avec Fabric Lundy, au titre de consultant en communication.

Alexandre VilleneuveAlexandre Villeneuve : Dès 2000, j’ai été immergé dans le web via l’une des premières formations universitaires spécialisées multimédia (IUT SRC), cette formation très pluridisciplinaire m’a permit d’acquérir autant des connaissances « plastiques » (design, photo, vidéo, conception, ergonomie, communication…) que des connaissances « techniques » (développement Java/PHP, signal, réseau…). Ce joli saupoudrage me paraissait à l’époque bien inutile, mais j’estime aujourd’hui que c’est une force et qu’il a sans doute fondée une curiosité essentielle lorsqu’on souhaite travailler dans le web. Après, 3 ans de formations généralistes, il fallait bien se spécialiser, c’est alors que je me suis posé une question existentielle : Techos ou pas techos ?

Pour tester le premier, j’ai passé une licence informatique à l’IFSIC à Rennes, tout en effectuant en e-learning une MST Spécialisé en Management Web. Cette année plutôt intense m’a permit de me rendre compte que si le développement me passionnait à court terme, je risquai de me lasser assez vite. C’est ainsi que le techos que j’étais à l’époque est passé du côté obscur de la force, enfin en école de commerce :) Rentré en niveau bac+4, j’ai passé deux ans entre la formation généraliste sur l’entreprise de l’INSEEC et la gestion de projet web pour un groupe de cliniques. Au sein de ce dernier, j’ai eu la chance de pouvoir mettre en place une grosse stratégie de référencement (sur plusieurs dizaines de sites). Cette stratégie a rapidement porté ses fruits et démontré sa puissance, ce qui m’incita à développer une activité de référencement, d’autant plus que le domaine était et est encore en pleine croissance. J’édite d’ailleurs depuis un blog sur ce thème, au nom imaginatif de référencement blog ;)
Au départ, j’ai apporté à I&S mes compétences techniques en référencement, mais rapidement j’ai été happé par des problématiques plus éditoriales et argumentatives, du fait de ma bonne connaissance du web. Car on n’aborde pas le web, avec des communiqués de presse ou des publicités éditoriales, il faut trouver les canaux et le ton juste, ce qui pour de nombreuses marques n’est pas évident.

OW : J’ajoute qu’Alex est Vice Président de l’association SEO Camp, Communauté du Référencement qui organise des rencontres débats dans toute la France, et instigateur du mouvement pour le DoFollow, c’est à dire en faveur de la diffusion de la popularité à travers les liens de commentaires.

Profession : Internet Strategist de Barack Obama

Chris HughesDe nombreux observateurs affirment que la victoire de Barack Obama s’est jouée sur sa capacité à mobiliser l’électorat sur les réseaux sociaux. Retour donc sur le parcours, la méthode et les résultats d’un des principaux artisans de la stratégie de Barack Obama sur le web, Chris Hughes.

A l’origine, Chris Hughes, 24 ans, fait partie des fondateurs de Facebook aux côtés du désormais célèbre Mark Zuckerberg [CEO de FB] et de Dustin Moskovitz [Vice Président de FB]. En février 2004, ils sont colocataires à Harvard et se lancent dans la création de Facebook dans le but de pouvoir identifier les étudiants du Campus. Hughes n’intervient pas sur les aspects techniques de la plateforme mais il est responsable de la gestion des données personnelles et on lui doit aussi certaines évolutions comme la fonctionnalité « poke ». Alors que Zuckerberg et Moskovitz décident quelques mois plus tard de s’associer à Sean Parker, fondateur de Napster et Plaxo, et de s’installer à Palo Alto pour poursuivre le développement de Facebook, Hughes préfère terminer son cursus à Harvard où il étudie l’Histoire, la Littérature avec une major en Théorie Politique et Sociale Française. Pour la parenthèse, Sean Parker sera finalement éjecté de Facebook en 2005 suite à une arrestation pour consommation de cocaïne

Chris est sollicité pour la première fois en 2006 par Jim Brayton [Responsable Internet] et Joe Rosper [Responsable Média Sociaux] pour les accompagner dans la création et l’animation du profil Facebook du candidat. 4 mois après cette première collaboration, il est officiellement recruté dans l’équipe basée à Chicago, qui compte environ 95 personnes réparties entre la gestion  du site BarackObama.com, des campagnes d’e-mailing, l’actualisation des profils sur les réseaux sociaux généralistes [Facebook, Myspace...] et éthniques  [BlackPlanet, MiGente, AsiaAve], l’achat de mots clés et de bannières pub, la production et la diffusion de vidéos et le traitement des demandes par mail. En effet, Barack Obama a toujours été convaincu de l’importance du web dans sa stratégie de communication, en suivant deux axes forts : « Bottom-up strategy » et « Grass-root ».

Logo Obama

Tout le talent de Chris Hughes aura été de retranscrire cet objectifs stratégiques en s’appuyant sur son expérience de Facebook et en suivant lui aussi deux principes fondamentaux : « Keep it real », « Keep it local ». C’est donc dans l’optique de créer du lien social de proximité qu’il a conçu la pierre angulaire de dispositif communautaire du candidat, MyBarackObama.com. La grande force de ce site a été de permettre la décentralisation de la mobilisation en incitant militants et sympathisants à prendre des responsabilités locales grâce à des outils intuitifs et conviviaux : un profil personnalisable, un service de messagerie et de blogging, un module de don en ligne, « Find a local group » pour organiser des évènements de quartier [Walking campaigns, Calling campaigns essentiellement],  « Fundraising » pour se fixer un objectif de don à atteindre et envoyer des emails à son réseau; le tout récapitulé sur un Dashboard. Côté technique, MyBO s’appuie sur une architecture proche de Facebook, mais aussi sur NGP Software pour le système de don en ligne et BlueStateDigital [dont Joe Rosper est un des fondateurs] pour les fonctionnalités sociales.

Une équipe créative donc, co-animée par Chris Hughes, mais également réactive comme en témoigne la création du site Fight the Smears, en fin de campagne, pour minimiser la portée des attaques des militants républicains [on se souvient de Barackbook] et pour tenter de ramener la vérité sur les rumeurs qui pourraient écorner la réputation de Barack Obama sur Internet. Le site reprend point par point les controverses et contre-argumente avec articles de presse, biographies, chiffres et vidéos à l’appui.

Les résultats de cette stratégie de présence online sont remarquables et prouvent que le web n’est pas étranger à la victoire de Barack Obama. MyBO a permis de lever 200 millions de dollars [dont 45 millions au mois de février seulement], soit près la moitié des sommes récoltées pendant la campagne, grâce à 1 millions de membres qui ont orchestré de manière autonome 75.000 événements locaux et 2 millions d’appels téléphoniques. On comprend mieux le rôle d’internet et de sa stratégie de mobilisation de la base électorale en observant la structure des donations : 95% des dons qu’a reçu Obama sont inférieurs à 50 dollars contre 13% du côté de John McCain, qui aura réussit à lever seulement 171 millions de dollars. Lors de ces élections, les 18-29 ans ont été entre 21 et 24 millions [dont 66% ont voté pour Obama], ce qui n’était pas arrivé depuis 1972 aux États-Unis. Par ailleurs, la participation des Noirs et des Hispaniques [26% des votants] a été nettement plus importante qu’en 2000 [19% des votants]. Le dispositif internet aura donc permis à la fois une récolte massive de petits dons et une participation importante d’un électorat habituellement absent des bureaux de votes, les jeunes et les minorités. Selon le Pew Internet & American Life Project, 46 % des Américains ont recouru à l’Internet, aux e-mails ou aux SMS pour s’informer ou mobiliser des tiers durant la campagne.

Chris Hughes a donc incontestablement joué un rôle clé dans l’élection du nouveau Président des États-Unis en capitalisant avec brio sur sa connaissance des média sociaux pour accroître la participation et la représentativité de la base électorale. Il est d’ailleurs pressenti par certains pour devenir le futur CTO [Chief Technology Officer] de l’administration Obama, même si la concurrence risque d’être rude avec d’autres personnalités fortes comme Eric SchmidtSteve Ballmer ou encore Meg Witman. Il est certain qu’il restera dans l’entourage de Barack Obama, qui a d’ores et déjà entamé la récupération de son « capital communautaire » en lançant Change.gov au lendemain de sa victoire.

Profession: Corporate Security Manager chez DAIMLER AG

Photo de Thomas Menk, corporate security manager chez Daimler AGLe Journal des Directeurs de Sécurité des Entreprises de juin 2008 présente une interview de Thomas Menk, Corporate Security Manager chez Daimler Chrysler, qui nous livre sa vision du management des risques de sécurité dans le cadre de la ‘corporate governance’.

Thomas Menk a effectué un long cursus universitaire en Allemagne où il a obtenu un DEA d’administration publique à l’Université de Speyer en 1989 et un Doctorat d’administration publique en 1993. Il a commencé sa carrière en tant qu’officier à l’agence de sécurité allemande [94-01] pour devenir membre du ministère de l’intérieur au niveau fédéral.

Depuis 2001, le Docteur Menk est directeur du département sécurité chez Daimler Chrysler AG et entreprenaute dans le mobilier. Parallèlement à ses fonctions, il assume des responsabilités dans la représentation des intérêts de l’industrie allemande au niveau fédéral [ASW].

Concernant la sécurité cher Daimler Chrysler, M. Menk reste très mesuré dans ces propos. On apprend tout de même que les conflits au proche et moyen orient sont l’objet de préoccupations constantes de son groupe et que les risques d’espionnage économique sont de plus en plus marqués, notamment à cause de la redistribution des enjeux concurrentiels du secteur. Il rappelle enfin que la vigilance des administrateurs et la sensibilisation des collaborateurs à la sécurité sont essentiels pour éviter les affaires récentes de pertes de documents confidentiels survenues au Brésil, au Québec et à Londres.

Profession: Responsable de veille pour PSA au Japon

Photo de Stéphane Péan,  responsable de la veille stratégique chez PSA au Japon France Info, dans sa chronique Francais du monde, dresse cette semaine le portrait de Stéphane Péan, responsable de la cellule de veille stratégique de PSA au Japon et nous montre combien les profils de professionnels de l’intelligence économique sont variés et inattendus.

Stéphane Péan est actuellement en poste au sein du bureau de réprésentation de PSA au Japon, lui même rattaché à la Direction Relations Constructeurs & Coopérations du groupe [pilotée par Daniel Marteau]. Dans ce cadre, il est chargé de récupérer de l’info lors des salons spécialisés regroupant les professionnels de l’industrie automobile, de rédiger des rapports de veille sur la stratégie des constructeurs japonais en matière d’innovation et en particulier des technologies des transports intelligents [capteurs, vidéo-détection, communication sans fil, calcul...]. La cellule compte 5-6 personnes embauchées sous contrat local.

En terme de cursus, il a commencé par un IUT Hygiène, Sécurité & Environnement, puis enchaîné sur des formations en Aménagement et Urbanisme pour finir à l’Ecole Nationale des Ponts & Chaussées en Systèmes de transport intelligents. Ce parcours lui a permis de valider des compétences en tant que chargé de veille [AFII], chargé de cartographie [CG Essonne] et de développer un important réseau en ayant des responsabilité au sein de l’association Intelligent Transport Systems France, qui regroupe constructeurs automobiles, sociétés d’autoroutes, exploitants de transport public, représentants du transport & logistique, professionnels des TIC, collectivités territoriales et administrations centrales…

M. Péan est un exemple parlant de l’originalité des profils recherchés pour assumer des fonctions en intelligence économique. Il est certain que les candidats intéressants dans ce secteur doivent se prévaloir d’une expertise dans un domaine spécifique, d’un réseau de contacts étoffé, d’une bonne faculté d’adaptation et de la connaissance d’une ou plusieurs langues étrangères.