Renault Koleos et les communautés automobiles
Le lancement du Renault Koleos s’accompagne d’un dispositif online intéressant en terme de marketing communautaire, puisque les communautés de passionnés de voiture ont été invités à une journée d’essai en avant-première sur le camp de Satory.
L’initiative a ciblé spécifiquement les forumeurs de plusieurs sites automobiles dont Planeterenault, Forum-autoroule, Autotitre, Forum-auto ou encore Autodeclic. Avec l’accord des modérateurs, les fans de 4×4 citadins, SUV et autres amateurs de franchissement ont vu déboulé sur leur forum ce message de Flavie Bromet [Isobar]:
« …je travaille au sein de l’agence de communication de Renault qui organise à l’occasion du lancement du nouveau 4X4 Koleos une journée d’essai exceptionnelle le mercredi 21 mai à Versailles pour quelques privilégiés…«
L’opération intervient quelques semaines après que Fred Cavazza ait constaté l’importance des forums de discussion dans la dynamique communautaire et de leur impact sur la réputation des marques de voiture sur Internet, suite à l’interview des responsables de Caradisiac et du Forum Auto. Il est clair que les passionnés de voiture font partie des communautés hyperactives du web et hébergées sur les gros sites auto généralistes [auto-évasion, forum-auto, 321auto...], les forums non-officiels de constructeurs [Renault, Subaru, Volvo, Alfa...], de sport auto [4x4, rally, F1...] et des chaines TV [TF1, M6-Turbo]. Bref, une kyriel de sites qui forment un vrai réseau d’influence pour apprécier et choisir un véhicule sur le web.
La réaction des internautes a été globalement très positive dans la mesure où les forumeurs sont rarement sollicités de cette façon. On a vu circuler des photos de l’évènement, une vidéo montée et une pluie de remerciements pour Renault et les organisateurs. Quelques écueils tout de même dans certains forums où ses membres sont passés à côté de l’invitation au Customer Day Koleos et d’autres majoritairement investis par des internautes de province ne pouvant pas participer.

On a aussi vu des écolo-conducteurs prendre part aux topics au sein de ses communautés automobiles, en rappelant que les SUV sont de gros pollueurs et en démontant un peu l’enthousiame ambiant avec des articles dénonciateurs. Cet activisme en ligne montre que le respect de l’environnement est une préoccupation systématique des consommateurs, que la représentation militante online s’accentue sur ces sujets et constitue un signal fort envoyé à Renault pour changer de cap. Le fait de descendre dans l’ »arène communautaire » du web comporte donc un risque d’opinion évident pour les marques, qui ne peuvent en aucun cas maîtriser la tournure des conversations et l’appropriation du sujet par certains leaders d’opinion opposés au produit.
L’intérêt stratégique de l’opération n’en demeure pas moins important. Les équipes de communication de Renault ont probablement fait le constat de l’importance du net, qui devient une étape décisive dans l’achat d’un véhicule pour une partie de la population. Tisser un réseau de fans, d’ambassadeurs du Koleos et influencer des leaders d’opinion qui ont une légitimité dans les forums qu’ils fréquentent constitue une belle opération de communication d’influence. Ceci d’autant plus que ces internautes testeurs du Koleos n’ont pas forcément d’expérience avec un autre SUV à partager.
Bravo donc à Renault pour cette opé 2.0 intelligente et aussi pour la palme d’or du dérèglement climatique…
Test du logiciel de veille Andiamo brand monitoring
Curieux de pouvoir évaluer le potentiel des derniers logiciels de veille qui se positionnent sur le créneau des médias sociaux et du buzz monitoring, j’ai testé Andiamo Brand Monitoring, découvert à l’occasion d’un article de l’atelier BNP Paribas.
John Hingley, fondateur d’Andiamo Systems, résume l’expertise de son logiciel par ce constat:
« les marketeurs ne touchent qu’une parcelle de la partie émergée de l’iceberg en termes d’identification et d’interaction avec les leaders d’opinion online «
De mon côté, voici les éléments que je retiens:
Les ‘good points’
- Facilité de prise en main et ergonomie du dashboard [tableau de bord qui regroupe les graphs de volumétrie par date, source, la part de bruit et l'ensemble des documents indexés...]
- Rapidité de configuration d’un nouveau scénario de veille [avec une contrainte stricte et plusieurs contraintes faibles qui définissent le champs d'investigation]
- Qualification des nouveaux articles sur 3 critères: Speaker influence [ Combinaison du trafic Alexa-Comscore et de l'autorité definit manuellement], Relevance [analyse text-mining de la page] et Sentiment [teneur de l'opinion positive-neutre-négative obtenue avec une technologie sémantique maison et une vérification humaine].
- Graphiques flash qui sont plutôt agréable à l’oeil et cliquables. Ils permettent une compréhension rapide des tendances lourdes de l’opinion sur sa marque.
Les ‘bad points’
- Manque d’exhaustivité. Sur mes tests, pas trop d’oublis côté blogosphère car l’indextion des flux rss demande peu d’intervention technique de leur part. En revanche, pour les forums de discussions et newsgroups, il manquait la plupart des conversations autour de la marque.
- Pas de possiblité d’intervenir sur le filtrage, ni sur le rubriquage des documents indexés. La diminution du bruit et la réalisation d’analyses ad-hoc sont donc difficiles.
- Aucunes sources francaises indexées pour le moment.
L’aperçu du dashboard

En définitif, Andiamo est un logiciel de veille facile d’utilisation qui permet d’obtenir rapidement une idée du buzz blogosphérique d’une marque et de comparer les occurences provenant de sites médias vs sites communautaires. Par contre, Il ne permet pas d’explorer la partie immergée de l’iceberg qui forme la réputation d’une entreprise sur Internet comme le promet John Hingley, à moins d’être complété par d’autres outils de veille comme Twing et par des investigation manuelles. Il gagnera toutefois en exhaustivité à mesure que ses clients lui confieront un sourcing métier différent.
Il cible donc un public de marketeurs non avertis en ce qui concerne les outils de veille et qui cherchent une solution clés-en-main. Ses possibilités restent limitées au regard de certaines solutions d’intelligence économique, qui permettent une plus grande liberté de collecte, d’analyse et de workflow.
L’apparition d’Andiamo est en tout cas la preuve que les notions d’identité numérique, de réputation management et de risque d’opinion font leur chemin au sein des direction d’entreprises et que le travail de surveillance du web participatif va se banaliser, sans qu’une réelle expertise des phénomènes communautaires ne soit forcément au rendez-vous. Dans ce contexte, il faut rappeler que l’essentiel réside dans la compréhension et l’exploitation des infos collectées en terme stratégique et opérationnel…
- Pour tester Andiamo, c’est ici
- Articles en lien: les nouveaux métiers du Web 2.0 et Focus sur la protection de l’identité numérique
Le nom de domaine important pr le référencement ?
Une étude réalisée par Olivier Duffez, fondateur et responsable de Webrankinfo, relativise l’importance des mots clés stratégiques dans le nom de domaine pour le référencement.

Les résultats de cette étude sont issus de son laboratoire Ranking Metrics et portent sur 1.3 million de pages faisant un lien vers 10 500 pages analysées en détail à partir de leur positionnement sur Google, Yahoo et MSN/live.
Les constats
- La présence de mots clés dans le nom de domaine a une faible incidence directe sur le référencement.
- Google en tient peu compte, Yahoo un peu plus, et c’est MSN/live qui leur donne le plus de poids.
- Les mots clés présents dans l’Url ont surtout une influence indirecte sur le positionnement du site sur Google. En réalité, ce sont les textes des liens [anchor text] qui ont la plus grande incidence et, dans beaucoup de cas, le nom de domaine est utilisé comme anchor text. Voilà pourquoi on voit remonter en 1ère position www.maison-bois.com pour la requête « maison bois ». Les liens des blogrolls en sont un bon exemple.
M. Duffez, en tant que professionnel reconnu dans le petit milieu du référencement, remet donc en cause un constat empirique que beaucoup [moi y compris] ont pu faire en observant les 1ers résultats des moteurs de recherche. Ses explications:
Je sais bien qu’en disant que Google tient peu compte de la présence des mots-clés dans le nom de domaine, on va me sortir de nombreux contre-exemples. Mais comme avec le fameux PageRank, je pense qu’il ne faut pas confondre la cause et la conséquence. Si un site possède des mots-clés dans son nom de domaine, il va recevoir naturellement de nombreux liens dont le texte sera optimisé puisqu’il intégrera ces mots stratégiques.
- Pour lire l’article, c’est ici
La communication de crise de la Société Générale dans l’affaire Kerviel
3 mois après la tornade médiatique qui a soufflé la Société Générale, Jérôme Kerviel à retrouvé un poste en sécurité informatique et le groupe semble sortir de la crise, après une recapitalisation de 5.5 milliards d’euros. Retour sur la communication de crise de la Société Générale orchestrée par Hughes le Bret.

- Dimanche 20 janvier : Daniel Bouton apprend les manipulations de Jérôme Kerviel. Dans l’après midi, on lui annonce le montant des positions engagées par le rogue trader: 50 milliards d’euros. A partir de ce moment et pendant 4 jours, le Pdg réuni une petite équipe pour déboucler progressivement les positions sans trop influencer un marché déjà dépressif à cause des subprimes. Seules les autorités de tutelle (AMF, Banque de France et BCE) sont informées de la crise pour éviter toute fuite.
- Mercredi 23 janvier: Hughes le Bret, le Dircom, entre en piste et forme une cellule de communication de crise composée de cadres du groupe et de consultants expérieurs, dont Jean de Belot [Aria Partners], Yves Messarovitch, Thibault Leclerc [Image 7] et Jean claude Boulet [Harrison&Wolf]. Ils mobilisent en interne les équipes de com’ [3 hub multimédia, 4 pôle de 400 personnes worldwide] pour préparer les relais de crise.
- Jeudi 24 janvier: La fraude est rendue publique. La cellule de com’ de crise déploie alors rapidement tout l’éventail des supports de crise: un Q&A [Liste des questions&réponses de l'affaire] diffusé aux 800 managers, un communiqué pour les salariés via l’intranet, un call-center pour faire face aux sollicitations du grand public et des clients. Parallèlement à ce dispositif, les directeurs de cabinets de l’Elysée, Matignon et du Ministère de l’Economie et des Finances sont contactés et informés. Ce parti pris d’opacité vis-à-vis du gouvernement pour éviter toute fuite entre le 20 et le 24 janvier sera reproché à Daniel Bouton par Christine Lagarde et Francois Fillon, et pourrait expliquer les exigences du rapport Lagarde et les propos tenus par N.Sarkozy sur l’affaire.
- Lundi 28 janvier: Journée décisive dans l’émulation de l’opinion. Jérôme Kerviel est mis en examen pour “abus de confiance”, une plainte est déposée par une centaine d’actionnaires contre Robert A. Day [Administrateur de la SocGen] qui a vendu 85,5 M d’euros en action de la banque le 9 janvier et N. Sarkozy invite Daniel Bouton à prendre la pleine mesure de ses responsabilités. L’opinion publique et journalistique se retournent alors contre la direction du groupe, qui a sans doute adopté une posture de victime prématurément. Les soupçons d’un éventuel assentiment de la part des supérieurs hiérarchiques du trader enflent.
- Mardi 29 janvier: le pic médiatique de la crise est atteint. Autour de cette date, on dénombre 2000 articles de presse quotidiens. Pendant cette période, Hughes le Bret dirige le travail de la cellule au rythme des médias [7h-9h: écoute des radios et revue de presse, 15h: communication à la presse écrite, 18h: Seconde revue de presse, 20h: Debriefing de crise] tout en respectant un turnover des équipés nécessaire à la clairvoyance des prises de décision.
- Mercredi 30 janvier: Une manifestation est organisée par une centaine de salarié devant le siège à la Défense. Daniel Bouton est interviewé par David Pujadas au JT de France 2, alors que le conseil d’administration a avalisé le maintien de ses fonctions. Cette intervention sera l’occasion pour lui de réaffirmer la stabilité du groupe, de parler révision des procédures de contrôle et de jeter indirectement le discrédit sur Kerviel.
- Jeudi 31 janvier: BNP Paribas déclare réfléchir à une éventuelle OPA sur la SocGén, déjà tentée en 1999. Le Crédit Agricole se montre également intéressé par un rachat, ce qui ravive la polémique sur le patriotisme économique, le rôle de l’Etat dans le capitalisme financier et la légitimité des banques à se positionner sur le marché des produits dérivés. Les experts économiques et financiers multiplient les analyses de fond dans la presse et sur le web.
- Mardi 5 février: Christophe Reille, Spin doctor de Jérôme Kerviel, organise une séance photo avec des journalistes de l’AFP destinée à contrebalancer l’opinion publique en montrant Kerviel sous son vrai visage. L’opération est réussie et renforce le sentiment de manipulation. Sur le web, les vidéos parodiques foisonnent et des communautés pro-kerviel se constituent sur Facebook sans que la cellule de crise ne prenne de dispositions online particulières en dehors de la veille d’opinion.
- Jeudi 17 avril: Frédéric Oudéa, fidèle collaborateur de Daniel Bouton, est nommé directeur général de la banque après avoir occupé la direction financière depuis 2003. Daniel Bouton est ainsi relégué au rang de Président non-exécutif, ce qui lui permet de quitter la direction opérationnelle du groupe sans heurt et sans perdre trop de pouvoir.
- Jeudi 24 avril: Les têtes tombent et les mouvements internes se multiplient. Deux directeurs et deux directeurs adjoints recomposent l’équipe de marché des capitaux. Ces remaniements vont dans le sens de la nomination de Frédéric Oudéa et marquent la volonté du groupe de tourner définitivement la page Kerviel en réorganisant la banque d’investissement de la Société Générale.
Au regard de la buzztrend, du déroulement de la crise et des récents baromètre d’opinion qui placent la Société Générale en 4ème position devant BNP Paribas et parmi 27 autres banques, on peut dire que la gestion de crise menée par Daniel Bouton et ses proches collaborateurs a été efficace. Sur un autre plan, la cellule de communication de crise a permis d’amortir considérablement le choc médiatique et de préserver au maximum la réputation du groupe.

Ceci étant, on apprenait le 22 avril que des contrôleurs de marché de la bourse allemande ont alerté plusieurs fois le service compliance en 2007 concernant le volume des engagements pris par J.Kerviel, sans qu’aucune mesure de contrôle interne n’ai été engagé. Autant dire que la com’ de crise de la SocGen aura encore quelques départs de feu à gérer d’ici la fin de l’instruction…
- Article complémentaire: Jérôme Kerviel et la gestion de crise
Etude sur l’utilisation du web
Une étude intéressante proposée par Stella Morabito réalisée en collaboration avec l’ESSEC, l’Ecole Centrale de Paris et Strate College fait le point sur les usage du web, les réseaux sociaux et la perception de l’identité numérique.
Eléments importants
- Le panel regroupe 661 étudiants [ESSEC, ECP, Arts&Métier...] et professionnels [anciens HEC, réseau Adetem, blogeurs pro...]. Une population plutôt cultivée, CSP+ et enclin à une utilisation avancée du web.
- 92% des sondés utilisent au moins un réseau social, Facebook pour une large partie [69%], pour garder contact avec la communauté, tout en sachant qu’on observe un phénomène de satiété à l’égard de ce type de services.
- Les 26-35 sont les plus préoccupés par la gestion de leur identité numérique et le contrôle des données personnelles qui sont visibles sur les réseaux sociaux, sans qu’ils n’aient de vision claire des solutions à adopter. D’ailleurs, 23% des sondés ne se sont jamais « googler« .
- 40% ne connaissent pas l’existence des agrégateurs de contenu type IGoogle ou Netvibes.
Les RP boostées par le Web 2.0
Un étude commanditée par Lewis PR réaffirme la dimension stratégique des RP, notamment grâce aux développements récents du web communautaire et participatif.

Chiffres clés de l’étude:
- 96% des responsables communication et marketing reconnaissent l’importance accrue des RP, principalement dans une optique de notoriété de marque. Plus de la moitié vont d’ailleurs augmenter leur budget RP dans l’année.
- Près de 66% estiment que le développement des réseaux sociaux et web 2.0 a renforcé ce besoin de visibilité. Le net est plus que jamais considéré comme une composante stratégique de la com’ des marques. Or, la formation de l’opinion sur Internet fonctionne en réseau et trouve des parallèles évidents avec les métier de RP.
- 60% affirment que les nouveaux médias ont transformé la relation entreprise-client, dans la mesure où une bonne partie des réseaux d’influence online sont formés par des blogueurs ou des communautés d’internautes hébergées sur des supports collaboratifs.
Le panel de l’étude est intéressant puisqu’il regroupe 150 dir com’ et marketing worldwide, là où les études traditionnelles se contentent de décrypter les tendances côté internautes et utilisateurs du Web 2.0.
Les résultats ne font que confirmer une tendance de fond déjà mise en évidence par de nombreux observateurs du web. Le blog business a entamé une phase de croissance durable car [1] les pratiques du Web 2.0 se sont considérablement démocratisées en l’espace de 3-4 ans, [2] les décideurs ont pris la pleine mesure des enjeux que cela implique pr leur stratégie com’, [3] l’offre en conseil et stratégie opérationnelle proposée par les agences de RP-com’-buzz est montée en maturité.
Sur ce sujet, lire aussi le billet de Tarik de Blog & IE et de Francois guillot de Internet & Opinion qui fait un rapprochement intéressant entre les RP et l’élaboration d’une stratégie de référencement off-page. Sur ce point, il est clair que le netlinking d’une marque avec des blogues influents [pagerank élevé dans ce cas] aura pour effet indirect d’améliorer considérablement son positionnement dans les moteurs, à condition que les backlinks pointant vers le site de marque soient qualitatifs. D’une pierre, deux coup…
Sondage d’opinion sur les sites de notation
La newsletter de Harris Interactive du mois d’avril apporte un éclairage intéressant sur l’opinion concernant les sites de notation et d’avis, peu de temps après les affaires Note2be et Note2bib qui ont défrayé la web-chronique…

- « 20% des Français sont intéressés par un site web permettant d’évaluer un professeur d’école ou d’université ». Sans surprise, l’intérêt pour les sites comparatifs est plus prononcé chez les 15-34 ans [28%]
- 44% pensent que ce type de site permet d’obtenir une information plus complète pour faire son choix et 40% estiment que l’on doit pouvoir noter les personnes au même titre que les sociétés.
- A la question de l’anonymat, l’opinion est partagée puisque 66% considèrent que les avis doivent provenir de personnes idientifiées alors que 33% souhaitent pouvoir rester anonyme.
- La demande des internautes pour ces services de notation est forte comme on le voit dans l’encadré ci-après:

L’engouement pour les sites communautaires de quartier comme Peuplade.fr et Justacoté va tout à fait dans le sens de cette enquête, qui laisse penser que les sites d’évaluation ont encore de beaux jours devant eux. On peut y voir un substitut au bouche-à-oreille local et il n’est pas étonnant d’observer que les professions concernées [garagiste, agence immobilière, élus locaux...] sont celles où la méfiance du consommateurs ou du citoyen est la plus forte. Le web communautaire est alors perçu comme une source d’info complémentaire et fiable.
Dans ces conditions, les sites de notation 2.0 seraient-ils en passe de détrôner les mastodontes de l’avis de consommateurs que sont Ciao.fr, Vozavi, Toluna, Plébiscity…? Ils constituent en tout cas un noyau de concurrents indirects qui fragmentent le secteur et qui les obligeront à se réinventer. Le seul frein qui pourrait entraver leur développement sera la contrainte juridique qui pèsent sur ces hébergeurs, étant donné que la constitution de données nominatives est interdite ["jurisprudence Note2be"] et que les mises en demeure pour des contenus diffamatoires se succèdent en ce moment. Ce risque est d’autant plus fort que le besoin d’évaluation concerne souvent des professions corporatistes totalement aversives à la critique communautaire.
Au passage, j’ai découvert [un peu tard] un site directement concurrent de Note ton entreprise, Cote ta boite, géré par l’agence Vador et à ajouter dans l’univers de la notation sur le net.
Le SIG: Service d’information du gouvernement
Après le bad buzz lié à la nomination de Nicolas Princen, je reviens sur le thème de la surveillance étatique de l’opinion publique avec le SIG, organisme totalement inconnu du grand public et qui effectue pourtant une veille d’opinion sur le net depuis plusieurs années.

Rattaché à Matignon, le SIG est en quelque sort le département Communication du Gouvernement depuis 1996. Avec un budget d’environ 50M€ , il positionne l’Etat en 45ème place des plus gros annonceurs de France, juste derrière Canal+ ou Coca Cola; cette somme étant d’autant plus importante qu’on lui octroie des abattements sur l’achat d’espace pub allant jusqu’à 65%.
L’organigramme du SIG distingue 3 divisions: Analyse, Stratégie et Conception.

Dans sa mission d’information au public, qui concerne principalement les départements Stratégie [partenariat avec les médias, opération de com'] et Conception [administration des sites et production des contenus], le SIG gère aussi bien les campagnes de la Sécurité routière, la lutte contre le tabagisme, la grippe aviaire, le recrutement de l’Armée, que l’animation du site du 1er Ministre ou encore le forum officiel du débat citoyen. En tout, les 120 personnes qui composent cette organisme mènent entre 60 et 80 campagnes par an et anime une dizaine de sites web.
Dans sa mission de surveillance de l’opinion publique, qui concerne uniquement le département Analyse [revue de presse et des sondages, réalisation d'études ad hoc confidentielles, surveillance de l'opinion sur Internet], on découvre l »Observatoire de l’expression publique‘ [dirigé par Véronique Senèze] qui concentre son activité sur l’analyse de l’opinion sur Internet. Il a pour mission officielle:
- d’analyser les réactions du grand public à l’égard de l’action gouvernementale,
- de carthographier les réseaux de militants (syndicats, associations militantes et partis politiques) et les relais d’influence en ligne.
- de suivre l’actualité des grand médias du net.
Un réseau de veilleurs interministériels est en charge de ce travail de veille d’opinion. Les rendus sont destinés à nourrir la réflexion des cabinets ministériels dans leurs prises de décision et à les alerter lorsqu’une crise ou un embrasement numérique se prépare à cause d’une mesure annoncée.
Les liens tissés entre les Ministères et le SIG sont donc étroits. Certains observateurs politiques trouvent d’ailleurs que le SIG a tendance à se politiser au fil des ans, au détriment de l’information du grand public. C’est vrai que la tentation d’instrumentaliser cet organisme est grande pour les gouvernements dans la mesure où il constitue à la fois un outil de surveillance du peuple et une arme de persuasion massive. Ce n’est donc pas un hasard si Franck Louvrier, fidèle conseiller de N.Sarkozy sur les questions de communication, avait pour objectif de rattacher le SIG à l’Elysée [anti-constitutionnel].
Pour finir, on voit donc que Nicolas Princen est le veilleur attitré du Président, mais d’un réseau interministériel était déjà opérationnel bien avant sa nomination. Par ailleurs, on peut supposer que les RG ont également un dispositif de veille sur Internet, probablement plus axé sur la surveillance des groupuscules anti-sarkozystes durs, les radicalistes religieux, les skyblogeurs émeutiers…mais qui relève également de la surveillance de l’opinion. Toute cette polémique autour de Nicolas Princen, provoquée par un malheureux accident de communication, est à replacer dans ce contexte.
Cyber-opportunisme 2.0
Alors que l’activité de Note2be a été suspendu début mars et que le site Note2bib ferme ses portes 10 jours après sa mise en ligne, NoteTonEntreprise et DeMedica voient le jour et laissent planer un doux parfum de cyber-opportunisme sur la toile…

1. Le site Note2bib a été volontairement mis hors service par son fondateur, sans doute à cause des émuls qu’il a provoqué chez les syndicats [CSMF] et auprès de l’Ordre des Médecins. La réaction était prévisible compte tenu du sort qui a été réservé à Note2be et, en attendant le communiqué officiel prévu le 1er avril, les déclarations de Nicolas Herson Macarel [le fondateur] nous éclairent sur le but de ce site:
« nous disposons d’un site commercial www.sirius-concept.com. Ce site de rencontres éthique n’a pas eu, faute de scandales, le buzz internet qu’il méritait. Nous espérons, avec Note2bib, pouvoir augmenter le trafic et le chiffre d’affaire de sirius-concept. »
- L’objectif étaient donc de générer du buzz [c'est chose faite] et d’aiguiller le trafic sur les autres initiatives de D&E Investments comme sirius-concept. C’est probablement pour cette raison que les fondateurs ne font pas preuve d’autant de combativité que ceux de Note2be et qu’ils ont décidé d’eux-même la suspension du site.

2. Le site Demedica.com a été lancé début mars et propose aux internautes, tout comme Note2bib, d’évaluer les prestations des médecins et autres professionnels de santé. En revanche, le site ne se contente pas des revenus publicitaires puisqu’il compte se rémunérer sur un business modèle simple: le médecin concerné par un avis défavorable ou calomnieux devra débourser 100€ pour le voir supprimer. Le fondateur a pris le soin de baser DeMedica SA à l’île Maurice et n’est donc pas inquiété par la juridiction française.
- L’objectif est là de surfer sur le web 2.0 et ses contributeurs pour contraindre les médecins à racheter leur e-reputation à chaque fois que c’est nécessaire. D’ailleurs, DeMedica SA ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisqu’elle est en train de créer Dedomestica pour la notation des artisans et DeJuridica pour les avocats, juristes et comptables.

3. Le site NoteTonEntreprise propose aux internautes de noter leur entreprise selon différents critères (paye, avantage, fun, carrière…) et de formuler une opinion générale sans qu’aucun formulaire d’inscription ne soit requis. La critique est donc facile, rapide et anonyme. Le site compte déjà au moins 150 avis sur des entreprises variées allant de Mc Donalds à Atos en passant par Ubisoft. L’objectif de ses fondateurs restent floues puisque le whois est caché et que les bannières pub n’ont pas encore envahi la homepage.
- [MAJ 31 mars 2008] Après prise de contact avec les fondateurs de NoteTonEntreprise, ces derniers ont souhaité garder l’anonymat pour un temps. Ils travaillent actuellement à la conception d’un module de réponses pour les entreprises et n’ont pas vraiment réfléchi à la rentabilisation du site que ce soit par un droit de réponse des entreprises payant ou par de l’affichage pub. A suivre donc…
Les sites d’évaluation thématiques deviennent donc à la mode pour faire du buzz ou rémunérer directement leurs fondateurs. Outre le fait que l’on s’écarte un peu des fondamentaux du web participatif, ces initatives comporte un risque de réputation évident pour les entreprises et les personnes concernées dans la mesure où l’anonymat est roi. Avis dévastateurs, destabilisation, rumeurs, astroturfing en perspective sur ces sites qui impose la vigilance, encore une fois. D’ailleurs, en surfant sur NoteTonEntreprise je suis tombé sur plusieurs avis ultra-négatifs dont le ton laissant planer le doute quant à leur véracité…

A noter que les collaborateurs de l’agence Heaven ont bien compris le principe puisqu’il y a déjà 11 avis favorables [totalement anonymes] qui place l’agence parmi les entreprises les plus populaires du site.
Pour surfer sur NoteTonEntreprise, c’est ici
Etude sur l’emploi en intelligence économique 07-08
Curieux de connaître précisément les secteurs qui recrutent le plus en intelligence économique et les profils les plus recherchés, j’ai réalisé une étude statistique à partir des offres mises en ligne sur le blog Veille et TIC tenu par 2 demoiselles de l’IE.
Détails méthodologiques
- J’ai considéré que le blog Veille et TIC drainait la grande majorité des offres d’emplois et de stages en IE en France, hors bouche-à-oreille pro, et que le biais statistique serait par conséquent limité.
- La période d’analyse va de octobre 2007 à mars 2008 et s’appuie sur un total de 131 offres.
Les résultats de l’étude:
1. Le ratio Stage/emploi

Le secteur de l’IE n’échappe pas à la règle du recours [parfois abusif] aux stagiaires pour implanter une cellule d’intelligence économique ou pour effectuer des rapports de veille concurrentielle ponctuels. Le ratio emploi/stage n’est toutefois pas énormément déséquilibré.
2. Le type de postes recherchés

Sans surprise, l’IE est majoritairement utilisée pour observer les entreprises de son secteur, dans le cadre d’une veille concurrentielle et stratégique [23%], et pour anticiper les évolutions technologiques [18%] susceptibles de créer des opportunités ou des menaces. Les missions d’IE globales [15%] concernent en priorité les entreprises cherchant un responsable IE « touche à tout » et les demandes des organismes publics [pôles de compétitivité ou CRCI]. Les offres en Knowledge management [11%] proviennent des SSII comme Unilog et des cabinets de conseil en management qui recherchent des consultants en systèmes d’informations. En dehors de ça, la veille 2.0 [ou veille communautaire] commence à se développer car les demandes des entreprises en la matière se font plus nombreuses et plus concrètes, même si elle ne représente que 5% des offres.
3. Types d’entreprises et secteurs demandeurs d’intelligence économique

Les besoins en IE sont largement dispersés comme on peut le voir ci-dessus. Les cabinets de conseil [11%] [9%] qui sollicitent des experts en analyse du risque, sur la réglementation et l’environnement concurrentiel. Les en management ou en stratégie d’entreprise sont les 1ers demandeurs d’IE dans une optique marché, tout comme les banques, assurances et organismes de crédit [11%] qui recherchent principalement une expertise en veille technologique. On retrouve également en bonne place les grands groupes pétroliers et de l’énergie [9%] qui sollicitent des experts en analyse du risque, sur la réglementation et l’environnement concurrentiel. Les organismes publics [7%] se distinguent notamment grâce à la politique de sensibilisation régionale et locale entreprise par Alain Juillet et grâce au démarrage des pôles de compétitivité. Viennent ensuite les agences de com’ [6%] avec la veille internet et les cabinet d’IE qui ne représentent que 5% des offres, en préférant souvent leurs réseaux aux annonces publiques. A noter que les groupes pharmaceutiques [5%] sont faibles demandeurs car bénéficiant d’une certaine maturité en terme d’IE. La défense [2%] et l’aéronautique [2%] n’effectuent que très peu de recrutements civils en raison de la sensibilité du secteur et de la spécificité des profils recherchés.
Voilà. J’espère que cette étude vous permettra d’avoir une vision plus précise des disciplines et secteurs propres à l’intelligence économique et que ce travail vous apportera une analyse complémentaire à celle de Troover. N’hésitez pas à me solliciter si besoin et merci encore à Veille et TIC pour sa contribution à la blogosphère IE.
L’étude sur Slides share
| ViewArticles recents
Categories
- Buzz (27)
- Com' de crise (13)
- E-reputation (40)
- Etudes (28)
- Influence (21)
- Intelligence Economique (11)
- Portrait de Pro (5)
- SEO (10)
- Social Media (47)
- Veille d'opinion (13)
Networks
Blogroll
- Actulligence
- Analyse Web
- Blog & IE
- Blog the Brand
- Blogsourcing Experience
- Boîte de Veille
- Deanie
- Demain la veille
- E-reputation.org
- Influence Marketing
- Internet & Opinion(s)
- JBlog Pro
- Kamablog
- Les infostratèges
- N’ayez pas peur
- Observer
- Palpitt
- Papagaio
- Protection des marques sur Internet
- Somed
- Un blog dans le monde
- Vedocci
- Veille 2.0
- Veille et TIC
- Verbalkint
- Visionary Marketing
- [Naro] Minded




















