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Le Baromètre de Transparence des ONG 2009

Fondation PrometheusLa Fondation Prometheus publie la deuxième édition du Baromètre de Transparence des ONG, qui porte une note sur plus de 90 ONG impliquées dans le Grenelle de l’Environnement, dans l’élaboration de normes communautaires   ou ayant reçu des financements publiques.

Les critères d’évaluation portent sur la transparence financière  [Bilan, Budget, Emploi...] et la gouvernance [Statut, Personnes clés,  Organisation...], en sachant que les recherches d’informations ont essentiellement été menées sur le site Internet de ces organisations.

Dans le haut du classement, on trouve Médecins du Monde [10/10], Réseau Action Climat France [9/10],  la Fondation Nicolas Hulot [7/10] ou encore InfOGM [7/10]. Sont présents également dans le Baromètre Les Amis de la Terre [7/10] et LobbyControl [7/10] connus pour décerner chaque année le Prix du Pire Lobbying de l’UE ainsi que le Corporate European Observatory [3/10] qui a récemment publié un rapport fouillé sur les activités de lobbying de Véolia auprès les institutions européennes.  ATTAC et Greenpeace décrochent respectivement la moyenne avec 5/10. Dans le bas du classement, on peut noter Sucre Éthique [2/10] Pesticide Action Network Europe [2/10] ou encore le CRIIRAD [1/10] qui se fait régulièrement entendre sur la question du nucléaire en France.

Ce baromètre a suscité une polémique et des réactions mitigées chez certaines organisations concernées en raison de changement brusque de note d’une année sur l’autre [Agir pour l'environnement], de l’absence de prise en compte des actions déployées sur le terrain et aussi du fait que la Fondation Prometheus elle-même réunisse à son capital des grands groupes aux intérêts éminemment stratégiques tels que Alstom, Areva, Dassault Aviation, EADS, Laboratoires Servier, Sanofi-Aventis, Thales. Il est clair que ce dernier élément doit être pris en compte, mais le Baromètre de Transparence des ONG, initié par Bernard Carayon, n’en demeure pas moins intéressant parce qu’il apporte un élément de réponse parmi d’autres; libre à chacun d’approfondir la question au besoin.

Cette initiative va donc dans le sens de plus d’informations sur les intérêts qui gravitent autour des institutions françaises et européennes et s’avère un outil utile et complémentaire au registre des lobbyistes à la Commission Européenne, même si ce dernier a montré quelques défaillances depuis sa création en 2008. Alain Juillet rappelait dernièrement que 70% des ONG sont financées par des entreprises et de États et que, à ce titre, elle préservent les intérêts de ceux qui les font vivre. Dans ce contexte, il faut savoir observer une certaine distance vis-à-vis des informations médiatisées par les ONG et les entreprises.

Le DirCom de la Société Générale chez Communication Sensible

Je reviens sur la communication de crise de la Société Générale déjà abordée dans un précédent billet au moment de l’affaire Kerviel car le magazine Communication de Crise & Sensible animé par Didier Heiderich propose une interview intéressante sur le sujet de Denis Marquet, un des membres de la cellule de crise et aujourd’hui DirCom du groupe.

Au cours de cet entretien, M.Marquet aborde les forces et les faiblesses des décisions prises par la cellule de crise :

« Les points faibles portent sur une insuffisante prise en considération du média Internet et nous aurions dû couper court aux rumeurs qui s’amplifiaient et qui présentaient Jérôme Kerviel comme une sorte de Robin de Bois avec ses comités de soutien. » « j’ai découvert l’importance de ce que je considère comme le meilleur rempart, à savoir la réaction des salariés. »

    Il est clair que les salariés ont été la cible privilégiée des actions de com’ de crise, avec notamment le « chat » en direct de Daniel Bouton avec 38 000 salariés connectés à l’intranet du groupe, le 29 janvier, alors que la crise médiatique atteignait des sommets [1000 articles de presse par jour]. Cette stratégie a indéniablement été payante car elle a permis de mobiliser les salariés derrière l’entreprise (Manifestation de 1000 personnes au Siège à la Défense) et qu’elle a eu des retombées indirectes positives sur l’opinion publique. En revanche, l’importance des média sociaux dans la crise a été sous-estimée par la cellule alors que l’on a vu des groupes de soutien à Jérôme Kerviel sur Facebook [Lire à propos de FB le billet de Camille ], des vidéos parodiques reprises ensuite par les média traditionnels et des débats sur de nombreuses plateformes sociales. La Société Générale aurait eu toute légitimité à faire entendre son discours sur Internet avec les outils qu’on connaît [Blog de crise, Twitter, Youtube...] mais aussi à donner plus d’importance à la veille d’opinion car c’est un outil particulièrement efficace pour comprendre les ressorts émotionnels d’une crise. Sur ce point, la direction fait désormais appel à l’Institut LH2, qui utilise une solution de veille développée par AMI Software, pour surveiller la blogosphère qu’elle considère aujourd’hui comme une « sphère d’influence non négligeable« . 

    Un an après la révélation du scandale financier, la Société Générale reste fragilisée pour la plupart des analystes et sociétés de gestion de portefeuille qui considèrent que l’action restera largement sous-valorisée tant que le dossier Kerviel ne sera pas clôt. En dehors du procès qui va faire ressurgir  l’affaire dans l’espace public, une action en nom collectif – class action – a été déposé par un cabinet spécialisé à New York, invoquant une absence de contrôle interne et un défaut de communication sur l’exposition de la banque aux subprimes. Dans ce contexte houleux, la communication de crise s’avère une arme défensive centrale pour minimiser l’impact du risques juridiques, pour soutenir la valorisation boursière et prévenir les risques d’une OPA agressive sur le groupe.