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Les 50 cent people : agents d’influence chinois sur Internet

Oiwan Lam, blogeuse chinoise et journaliste citoyenne chez les Observateurs de France 24, fait la lumière sur une pratique d’influence à grand échelle orchestrée par le Parti Communiste chinois sur Internet.
astroturfing-chine

Les 50 cent people sont des astroturfers, sortes de propagandistes sur les média sociaux, rémunérés 50 centimes de Renminbis pour chaque commentaire favorable au gouvernement de Pékin posté sur Internet. Depuis environ 2 ans, ces agents d’influence sont recrutés dans les milieux étudiants et parmi les sympathisants politiques, les cadres du Parti et les journalistes par des professionnels directement rattachés aux autorités centrales. Selon les dires de Mme Lam, leurs interventions visent à influencer en douceur et sans entrer en conflit avec l’auteur des propos contestataires.

A côté de la censure stricte qui a conduit Google à restreindre son index chinois, Yahoo à communiquer certaines informations à propos de cyber-militants et plus récemment EutelSat à interrompre la diffusion de la chaîne dissidente NTDTV , on voit ici un bel exemple de stratégie d’influence exercée sur les média sociaux. Les hauts responsables chinois ont bien compris l’importance de ces sphères conversationnelles dans la formation de l’opinion et la nécessité d’occuper ce terrain informationnel pour imposer les idées du Parti en dehors des média traditionnels, d’autant plus que le pays est actuellement en représentation internationale à l’occasion des JO.

Cette stratégie offensive et immersive permet au PC de disposer d’un réseau actif de relais d’influence capables d’intervenir rapidement en réponse à l’actualité et de repérer les opposants politiques sur Internet. A la différence du dispositif anti-rumeur du candidat Obama qui repose sur la transparence et vise à canaliser les rumeurs sur Fight the Smears, l’efficacité des 50 cent people s’appuie sur une démarche d’infiltration anonyme permettant de participer aux conversations de manière diffuse. On se souvient également de la grande mobilisation chinoise prétendument spontanée pour appeler au boycott de Carrefour et dont la réussite n’est certainement pas étrangère à la présence des ’50 cent people’ sur le web communautaire chinois.

L’interview de Oiwan Lam, réalisée par Thomas Crampton qui est journaliste à Hong Kong et qui, suite à cet rencontre, a décidé de traquer ses commentaires propagandistes en lançant l’initiative 50 Cent Watchlist.

Google Keyword Tool pour le référencement

Pour tous les amateurs de référencement et d’optimisation de contenus, Google propose un outil indispensable pour bâtir une stratégique de mots clés : Google KeyWord Tool

Google-KeywordTool

Jusqu’à maintenant ce générateur de mots clés mettait uniquement à disposition des indications d’ordre de grandeur. Il permet aujourd’hui d’avoir des estimations chiffrées des volumes de recherche des internautes du mois précédent et en moyenne. Il fournit également un jauge indicative du niveau de concurrence des Adwords sur le terme en question.

Cet outil ne dispense pas d’avoir une réflexion plus large en fonction du champs ciblé mais présente l’avantage de fournir des données récentes et largement représentatives, si l’on regarde les parts de marchés de Google en France.

Le business émergent de la gestion de e-réputation

Depuis plusieurs mois, un certain nombre d’acteurs se sont positionnés sur le business émergent de la gestion de réputation sur Internet, initialement occupé par des agences et cabinets spécialisés dans la veille d’opinion et la gestion de communautés d’internautes depuis les balbutiements du web 2.0.

reputation managementIl faut dire que les études & sondages d’opinion se succèdent et s’accordent à prouver l’influence du web communautaire [blogs forums, média sociaux, wikis...] sur la perception des entreprises et sur les comportements de consommation. La dernière étude en date, mandatée par Harris Interactive et sortie au mois de juin, a même estimé qu’Internet est désormais le média le plus influent sur certaines décisions. L’ensemble de ces constats sur le pouvoir des « blogueurs influents« , la faible confiance accordée aux sites corporates, les facteurs décisionnels d’un achat et le volume des conversations au sujet des marques dans les média sociaux commencent à faire leur chemin au sein des directions d’entreprises comme chez les prestataires de conseils et services marketing. Euro-RSCG a même tenté le tout pour le tout en proposant des insertions publi-rédactionnelles sur Wikipédia.

En vrac, il y a aussi eu une actualité internet riche en rebondissements réputationnels : attaques de Greenpeace contre Univlever et Renault, badbuzz en serie contre Laure Manaudou ou Nicolas Sarkozy , la vidéo Kryptonics, le groupe d’étudiants facebookiens contre HSBC, l’éclosion des NoteTon…, l’affaire fuzz-Martinez et le constat de la dangerosité du recours juridique, l’appel chinois au boycott de Carrefour, la campagne de dénigrement contre Matelsom, le procès LVMH contre Ebay, la polémique des huiles frelatées Lesieur…Tous ces accidents de communication ont fonctionné en synergie comme autant de preuve de la fragilité des entreprises et des personnalités publiques dans un univers transparent, organisé en réseau, qui privilégie les sources informelles et qui archive l’intégralité des contenus. L’engouement médiatique pour la chose virale sur le net ainsi que l’avènement des concepts d’identité numérique et de e-reputation ont aussi participé à la vulgarisation des enjeux liés à la redistribution des pouvoirs entre enteprises et parties prenantes sur Internet.

Les prestataires de veille d’opinion et de gestion de web-reputation se sont donc multipliés ces derniers mois, profitant de cette prise de conscience généralisée pour axer leur business sur la gestion d’entreprise à travers les médias sociaux. Parmi les acteurs clés du secteur, on retrouve des solutions historiques de veille [ AMI Opinion Tracker et Digimind ] qui ont fait évoluer une partie de leurs outils d’analyse pour gérer la surveillance des médias sociaux et s’adresser ainsi à un public d’entreprises plus large que les demandeurs de plateforme d’intelligence économique. Ces éditeurs de logiciel doivent aujourd’hui faire face à une nuée de solution de buzz monitoring concurrentes [ Sentiment Metrics, Andiamo ,Trackur, Weetrack, Pleegs, Trendybuzz ] qui proposent des services clés en main et peu onéreux. Certains groupes de communication investissent également le créneau en adoptant leurs propres outils intégrés [ SmallTalks de Bonnie & Clyde, Radian6 de McCann ], gage apparent de la qualité de leur réflexion stratégique à l’heure du 2.0. Sur un plan plus large, certains business adjacents comme le buzz-marketing [ YoutoYou ] et les RP [ B2Win ] commencent à incorporer des services d’observation de réputation avant et après le déroulement d’opérations virales, dans le but d’affiner leurs stratégies et de fidéliser leurs clients. D’autres comme Webformance et Hington Klarsey orientent leur expertise sur le référencement, qui constitue effectivement une arme indiscutable en période de crise comme sur le long terme. Enfin, on voit apparaître d’anciens collaborateurs d’agence en reconversion [ E-Walking ].

Ce marché émergent, abordé par le prisme du marketing, de la communication, de la veille, du conseil juridique, du référencement, du risque ou des RP prouve bien que la surveillance des médias sociaux, le dialogue avec les communautés d’internautes et la maîtrise des réseaux d’influence sont des enjeux stratégiques à l’heure du web communautaire et qu’il y a une tendance à la convergence des acteurs sur ces compétences. Les prestataires reconnus dans ce domaine seront incontestablement ceux qui parviendront à mettre en oeuvre une stratégie globale alliant toutes les disciplines précédemment citées afin de gérer les situations de crise réputationnelles et d’accompagner durablement l’entreprise dans les média sociaux.

Le guide essentiel des médias sociaux – Brian Solis

Brian Solis, directeur de Futurworks [agence de PR californienne] et blogueur incontournable dans la sphère des RP 2.0, a publié récemment son guide essentiel des médias sociaux.

Traduit en francais par François Ramaget de Aspect Consulting

Guide essentiel des médias sociaux – Brian Solis

Ce guide, destiné aux professionnels de la communication et du marketing, rassemble les préconisations de Brian Solis concernant la gestion des communautés d’une marque sur le net. Son objectif est de permettre aux communicants d’apprivoiser les médias sociaux sous un angle sociologique et comportementale, afin de ne plus se contenter d’être de simples observateurs des phénomènes communautaires pour en devenir des parties prenantes.

Les recommandations de Brian Solis en bref

  1. Observation et écoute « intelligente ». Il distingue ainsi le « voyeurisme » de la vraie écoute qui permet de comprendre la nature des conversations qui portent sur sa marque pour définir le rôle que pourrait prendre l’entreprise sur les médias sociaux.
  2. Cartographie des réseaux communautaires et conversationnels pour baliser les territoires d’influence, au même titre q’un professionnel de l’intelligence économique dresse une cartographie des parties prenantes de l’entreprise.
  3. Immersion de la marque dans les médias sociaux en veillant à respecter les codes propres à chaque communauté, à apporter une valeur ajoutée dans les conversations et à faire preuve de compréhension vis-à-vis des internautes. Il engage également les communicants à faire des remontées d’informations auprès des services associés de l’entreprise.

Profession: Corporate Security Manager chez DAIMLER AG

Photo de Thomas Menk, corporate security manager chez Daimler AGLe Journal des Directeurs de Sécurité des Entreprises de juin 2008 présente une interview de Thomas Menk, Corporate Security Manager chez Daimler Chrysler, qui nous livre sa vision du management des risques de sécurité dans le cadre de la ‘corporate governance’.

Thomas Menk a effectué un long cursus universitaire en Allemagne où il a obtenu un DEA d’administration publique à l’Université de Speyer en 1989 et un Doctorat d’administration publique en 1993. Il a commencé sa carrière en tant qu’officier à l’agence de sécurité allemande [94-01] pour devenir membre du ministère de l’intérieur au niveau fédéral.

Depuis 2001, le Docteur Menk est directeur du département sécurité chez Daimler Chrysler AG et entreprenaute dans le mobilier. Parallèlement à ses fonctions, il assume des responsabilités dans la représentation des intérêts de l’industrie allemande au niveau fédéral [ASW].

Concernant la sécurité cher Daimler Chrysler, M. Menk reste très mesuré dans ces propos. On apprend tout de même que les conflits au proche et moyen orient sont l’objet de préoccupations constantes de son groupe et que les risques d’espionnage économique sont de plus en plus marqués, notamment à cause de la redistribution des enjeux concurrentiels du secteur. Il rappelle enfin que la vigilance des administrateurs et la sensibilisation des collaborateurs à la sécurité sont essentiels pour éviter les affaires récentes de pertes de documents confidentiels survenues au Brésil, au Québec et à Londres.

Le lobbying de l’industrie pharmaceutique aux USA

Le Center for Public Integrity publie ce mois-ci un rapport documenté sur les investissements records de l’industrie pharmaceutique aux USA en matière de lobbying institutionnel, atteignant 189.1 millions de dollars en 2007. Pfizer, Sanofi-Aventis, Merck&co… deviennent à ce titre le plus gros lobby de Washington.

Lobbying de l'industrie pharmaceutique aux états unisPour établir un parallèle avec le très récent registre des lobbyistes européens destiné à assurer plus de transparence en UE, c’est grâce au Lobbying Disclosure Act datant de 1995 que le Center for Public Integrity a pu consulter les données mises à disposition par le Sénat américain.

L’année 2007 a été marquée par des échéances majeures pour l’industrie pharmaceutique américaine, notamment avec 2 lois susceptibles de restreindre la publicité sur les médicaments vendus sous ordonnance; lois qui ont été écartées par ce travail de lobbying.

Sur ce montant de 189 M$, en hausse de 32% par rapport à 2006, 90% provient des 40 plus gros fabricants de médicaments, qui sont par ailleurs regroupés en 3 associations: the Pharmaceutical Research and Manufacturers of America (PhRMA), the Biotechnology Industry Organization, et the Advanced Medical Technology Association. A titre d’exemple, le PhRMA a dépensé 74M$ depuis 1998 pour défendre le droit à la publicité directe aux consommateurs, restreindre les conditions d’importation de médicaments, renforcer les brevets et promouvoir le système Medicare [Système de couverture santé public américain].

Le contexte politique depuis fin 2006 explique en partie cette hausse fulgurante, notamment le renversement du Sénat et de la Chambre des représentants au profit des démocrates, qui a eu un impact majeur sur le risque institutionnel des drug dealers. A partir de là, un certain nombre de critiques sur les dérives de l’industrie pharmaceutique sont revenues sur le devant de la scène politique [fonctionnement de Medicare, prérogative de la FDA...] et les entreprises ont rapidement du réorienter leurs donations et engager des lobbyistes évoluant dans les réseaux démocrates.

Lobbying de l'industrie pharmaceutique aux états unis

Parmi les plus gros dépensiers, on retrouve sans surprise la PhRMA avec 22.7 M$, le californien Amgen Inc. et Pfizer, leader mondial du secteur avec 10% de parts de marché mondiales et dont les produits stars sont le Viagra, le Lipitor (contre le cholesterol) et le sulfureux Celebrex.

Les chantiers de lobbying sur lesquels travaillent ces compagnies concernent l’extension du programme d’assistance aux enfants nommé SCHIP ["More children insured means using more drugs."] et la réduction du délai de test des nouveaux médicaments avant leur introduction sur le marché avec le « Prescription Drug User Fee Act », voté en 2007. La préservation de la publicité auprès du grand public fait également partie des enjeux législatifs ultra-stratégiques du secteur, dans la mesure où elle a fortement contribué à l’augmentation des dépenses de santé des foyers américains [20x en 10 ans]. Les arguments pour défendre la pub sont simples : le droit du public à être informé et à trouver un traitement adapté dès les 1ers stades de la maladie. Pourquoi pas.

Le center for Public Integrity fournit en tout cas une information dense et de qualité sur l’activité des lobbyistes à Washington. Cette transparence, même si elle ne garantie pas la déontologie des acteurs de lobbying, est un droit important d’information auprès du grand public et des entreprises. A cet égard, les pratiques européennes paraissent vraiment opaques, même si la tendance va plutôt dans le sens de la régulation.

 

A propos de l’action de Greenpeace contre Renault

Conversation

Mes amis, vous qui crachez si facilement sur nos marques nationales, là vous faites preuves d’un chauvinisme certain ! Je trouve cette action plutôt rigolote, qui fait échos aux actions menées par Greenpeace dans les autres pays de l’UE (pour rappel, munis d’une truffe et repeints en rose, les Cayenne ont été élus “gros porcs” par la même organisation). En lançant son modèle très en retard par rapport à la concurrence, Renault se confronte du coup à une conscience collective de plus en plus forte pour l’écologie, alors qu’un an plus tôt, PSA a été bien tranquille.

Oggle, 7 juillet 2008, sur le blog auto

Lire à propos de cette polémique:

Profession: Responsable de veille pour PSA au Japon

Photo de Stéphane Péan,  responsable de la veille stratégique chez PSA au Japon France Info, dans sa chronique Francais du monde, dresse cette semaine le portrait de Stéphane Péan, responsable de la cellule de veille stratégique de PSA au Japon et nous montre combien les profils de professionnels de l’intelligence économique sont variés et inattendus.

Stéphane Péan est actuellement en poste au sein du bureau de réprésentation de PSA au Japon, lui même rattaché à la Direction Relations Constructeurs & Coopérations du groupe [pilotée par Daniel Marteau]. Dans ce cadre, il est chargé de récupérer de l’info lors des salons spécialisés regroupant les professionnels de l’industrie automobile, de rédiger des rapports de veille sur la stratégie des constructeurs japonais en matière d’innovation et en particulier des technologies des transports intelligents [capteurs, vidéo-détection, communication sans fil, calcul...]. La cellule compte 5-6 personnes embauchées sous contrat local.

En terme de cursus, il a commencé par un IUT Hygiène, Sécurité & Environnement, puis enchaîné sur des formations en Aménagement et Urbanisme pour finir à l’Ecole Nationale des Ponts & Chaussées en Systèmes de transport intelligents. Ce parcours lui a permis de valider des compétences en tant que chargé de veille [AFII], chargé de cartographie [CG Essonne] et de développer un important réseau en ayant des responsabilité au sein de l’association Intelligent Transport Systems France, qui regroupe constructeurs automobiles, sociétés d’autoroutes, exploitants de transport public, représentants du transport & logistique, professionnels des TIC, collectivités territoriales et administrations centrales…

M. Péan est un exemple parlant de l’originalité des profils recherchés pour assumer des fonctions en intelligence économique. Il est certain que les candidats intéressants dans ce secteur doivent se prévaloir d’une expertise dans un domaine spécifique, d’un réseau de contacts étoffé, d’une bonne faculté d’adaptation et de la connaissance d’une ou plusieurs langues étrangères.