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A propos des nettoyeurs du Web

Bref, l’aspect « nettoyage » du business de la gestion de l’identité numérique paraît surtout reposer sur… du vent.

Augustin Scalbert, le 30 avril 2008, sur Rue89

Focus sur la protection de l’identité numérique

Peu de temps après l’affaire Fuzz vs Olivier Martinez et alors que la responsabilité juridique des acteurs du web reste en chantier, l’intérêt pour la protection de l’identité numérique témoigne de la prise de conscience des internautes et des entreprises sur leur fragilité face au Web.

Représentation de l\'identité numérique

Un article de Rue89 s’intéresse au sujet et à le mérite de mettre les choses au point, comme le rappelle Marie sur Veille 2.0. Les sociétés comme Reputation Defender n’ont pas de techniques miracles pour gérer ou stopper une crise réputationnelle, d’autant plus brutale et imprévisible que le web communautaire a étendu son influence ces derniers temps. En réalité, elles se contentent de demander aux éditeurs de supprimer le contenu diffamatoire.

Le nombre de sources et de relais d’informations a considérablement augmenté et rend incontournable la gestion de l’identité numérique pour une personne comme pour une entreprise. Outre les blogs et sites communautaires traditionnels qui sont déjà des supports d’opinion influents à surveiller, il faut également tenir compte des récentes évolutions du risque en rapport avec les usages du net:

  • Risques de rumeur supplémentaire avec les aggrégateurs éditorialisés [Bakchich info, Rue89, Mediapart, @si] qui travaillent de manière plus réactifs, remontent plus d’infos du web 2.0 et produisent un contenu souvent moins consensuel que la presse en ligne.
  • Risque de viralité accru par les aggrégateurs de blogs [Wikio, Fuzz, Digg...] et les réseaux sociaux [Facebook, MySpace...] qui peuvent transformer une info anecdotique sensée appartenir à la longue tail en un buzz d’envergure en peu de temps.
  • Risque de visibilité démuliplié par l’apparition des sites de notation [Notetontentreprise, Justacôté, Demedica] et par les passerelles de plus en plus évidentes entre le Web et les médias traditionnels [presse, tv, radio].

Les moyens de protection sont, dans ce contexte, essentiellement préventifs et passent par un travail de veille plus ou moins conséquent selon la notoriété de la personne ou de l’entreprise. Le but sera d’anticiper la génèse d’une crise par la détection de signaux faibles [émergence d'une rumeur], de connaître les moyens de défense juridique à actionner et de constituer un réseau de relais d’information pour répondre rapidement aux attaques:

  1. Veille d’opinion, pour repérer les communautés d’internautes s’exprimant sur la personne ou l’entreprise, la teneur et le contexte des conversations, les leaders d’opinion et réseaux éventuels de diffusion. La surveillance, la cartographie et l’analyse de ces conversations permettra de concevoir des axes de contre-argumentation et de baliser les zones éventuels d’apparition de crise.
  2. Veille juridique, pour suivre la jurisprudence concernant la responsabilité éditeur-hébergeur ainsi que les recours juridiques existant pour supprimer un contenu diffamatoire. Ces connaissances doivent pouvoir être mobilisées rapidement en cas de dénigrement pour éviter la propagation du contenu, d’autant plus que le déréférencement des moteurs est lent.
  3. Veille de réseau, pour repérer, contacter et dialoguer avec des sites et interlocuteurs amis susceptibles de publier rapidement un contre-argumentaire [car il est vital d'être la 1ère source d'info à commenter l'évènement]. Ce travail de veille s’inscrit aussi dans la préparation d’un référencement de crise dont j’ai déjà parlé. A ce sujet, la stratégie agressive de Hington Klarsey et sa nébuleuses de sites miroirs peut s’avérer intéressante, puisque le message sera repris de multiples fois avec les mots clés stratégiques de la crise. A confirmer lorsqu’un client de HK rencontrera une crise.

En résumé, le risque de réputation sur Internet doit être intégré dans une démarche de gestion de crise calculée et assumée par une cellule d’intelligence économique, de veille ou de communication. Ce travail préparatoire est la meilleure garantie de protection de l’identité numérique pour une entreprise.

Facebook in reality

Imaginez votre vie sociale calquée sur le mode de fonctionnement du célèbre réseau social Facebook…Ca donnerait ça.

Le Pdg de Porsche victime d’espionnage

Le patron de Porsche aurait été victime d’espionnage économique selon Der Spiegel et Focus grâce à un simple babyphone, alors que l’enteprise est en plein rachat de Volkswagen. Décryptage des enjeux…

Babyohone utilisé pour espionner le patron de Porsche

Le babyphone en question a été découvert par un service de sécurité dans un canapé, pendant que le Pdg de Porsche séjournait au Ritz-Carlton de Wolfsbourg en novembre 2007, juste avant une réunion du conseil de surveillance de VW. Mais cette affaire d’espionnage économique ne concerne pas uniquement Wendelin Wiedeking puisque qu’on apprend également que Uwe Hück [chef du CE de Porsche] et Wolfgang Bernhard [ancien membre du directoire de Volkswagen] ont été tous deux placé sur écoute téléphonique. Porsche a déposé plainte et l’enquête est en cours…

Le contexte sensible que travers actuellement Porsche nous renseigne sur les raisons supposées de ces écoutes. En effet, la Holding de Porsche détient aujourd’hui 31% de Volkswagen et prépare depuis plusieurs mois une prise de participation majoritaire, comme on peut le voir sur ce schéma [objectifs en bleu]:

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Les syndicats de Volkswagen opposent une résistance farouche à la prise de contrôle de Porsche, par l’intermédiaire du puissant IG Metall qui regroupe 90% des salariés de l’entreprise. Outre les craintes de restructuration entraînant des licenciements, la question de la représentativité au conseil de surveillance leur pose problème, puisque les représentants des deux entreprises obtiendraient le même nombre siège alors même que Porsche compte seulement 12.000 salariés contre 326.000 chez VW. Sur ce point, le conseil des prud’hommes de Stuttgart a tranché en faveur de Porsche en approuvant la structure de la holding.

Le land de Basse Saxe, présidé par Christian Wulff, détient 20,3% du capital de Volkswagen et est également réfractaire à ce rapprochement. En fait, historiquement implantée dans la Basse Saxe, les statuts de Volkswagen étaient particuliers et octroyaient aux salariés, au gouvernement ainsi qu’au Land un droit de veto sur toutes les décisions stratégiques. Cette loi dite « Volkswagen » plafonnait les droits de vote des actionnaires à 20% et empêchait ainsi toute offre de rachat hostile. Elle a été jugé contraire aux principes de libre circulation des capitaux et donc anti-concurrentielle par la Cour Européenne en octobre 2007.

Les dirigeants de Porsche, à la manoeuvre en coulisse, ont accompagné les décisions des prud’hommes et de la cour européenne pour arriver à prendre le contrôle de VW. L’enjeu est d’autant plus crucial que [1] Volkswagen compte pour 4/5 du bénéfice de Porsche Automobil Holding, [2] que le constructeur est en passe de détrôner GM en Chine et [3] que son intégration dans le groupe lui permettrait de se prémunir contre des sanctions européennes dûes à son bilan CO2.

Depuis l’assemblée générale VW du 24 avril, Porsche est autorisé à exercer un rôle majoritaire et n’a donc techniquement plus de limites dans l’exercice de sa stratégie. Mais syndicats et politiques veulent conserver leur minorité de blocage par tous les moyens et déposeront une nouvelle plainte si Porsche réhausse sa participation à 50%. Dans cette lutte de pouvoir acharnée, auraient-ils laissé leurs principes déontologiques de côté pour acquérir des informations stratégiques dans la plus grande discrétion ?

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