A propos de Note ton entreprise
Le 2e point qui me dérange un peu, c’est le principe d’anonymat. J’ai un peu peur quand au contrôle des notes et commentaires, ainsi que la « réalité » de son auteur. En effet, un recruteur peut facilement laisser un voire plusieurs très bons commentaires pour inciter les futurs candidats. Et l’inverse est bien évidemment possible.
Livranildo, 25 mars 2008, sur On a testé pour vous
- Lire à propos de Note ton entreprise ‘Cyber-opportunisme 2.0‘
Cyber-opportunisme 2.0
Alors que l’activité de Note2be a été suspendu début mars et que le site Note2bib ferme ses portes 10 jours après sa mise en ligne, NoteTonEntreprise et DeMedica voient le jour et laissent planer un doux parfum de cyber-opportunisme sur la toile…

1. Le site Note2bib a été volontairement mis hors service par son fondateur, sans doute à cause des émuls qu’il a provoqué chez les syndicats [CSMF] et auprès de l’Ordre des Médecins. La réaction était prévisible compte tenu du sort qui a été réservé à Note2be et, en attendant le communiqué officiel prévu le 1er avril, les déclarations de Nicolas Herson Macarel [le fondateur] nous éclairent sur le but de ce site:
« nous disposons d’un site commercial www.sirius-concept.com. Ce site de rencontres éthique n’a pas eu, faute de scandales, le buzz internet qu’il méritait. Nous espérons, avec Note2bib, pouvoir augmenter le trafic et le chiffre d’affaire de sirius-concept. »
- L’objectif étaient donc de générer du buzz [c'est chose faite] et d’aiguiller le trafic sur les autres initiatives de D&E Investments comme sirius-concept. C’est probablement pour cette raison que les fondateurs ne font pas preuve d’autant de combativité que ceux de Note2be et qu’ils ont décidé d’eux-même la suspension du site.

2. Le site Demedica.com a été lancé début mars et propose aux internautes, tout comme Note2bib, d’évaluer les prestations des médecins et autres professionnels de santé. En revanche, le site ne se contente pas des revenus publicitaires puisqu’il compte se rémunérer sur un business modèle simple: le médecin concerné par un avis défavorable ou calomnieux devra débourser 100€ pour le voir supprimer. Le fondateur a pris le soin de baser DeMedica SA à l’île Maurice et n’est donc pas inquiété par la juridiction française.
- L’objectif est là de surfer sur le web 2.0 et ses contributeurs pour contraindre les médecins à racheter leur e-reputation à chaque fois que c’est nécessaire. D’ailleurs, DeMedica SA ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisqu’elle est en train de créer Dedomestica pour la notation des artisans et DeJuridica pour les avocats, juristes et comptables.

3. Le site NoteTonEntreprise propose aux internautes de noter leur entreprise selon différents critères (paye, avantage, fun, carrière…) et de formuler une opinion générale sans qu’aucun formulaire d’inscription ne soit requis. La critique est donc facile, rapide et anonyme. Le site compte déjà au moins 150 avis sur des entreprises variées allant de Mc Donalds à Atos en passant par Ubisoft. L’objectif de ses fondateurs restent floues puisque le whois est caché et que les bannières pub n’ont pas encore envahi la homepage.
- [MAJ 31 mars 2008] Après prise de contact avec les fondateurs de NoteTonEntreprise, ces derniers ont souhaité garder l’anonymat pour un temps. Ils travaillent actuellement à la conception d’un module de réponses pour les entreprises et n’ont pas vraiment réfléchi à la rentabilisation du site que ce soit par un droit de réponse des entreprises payant ou par de l’affichage pub. A suivre donc…
Les sites d’évaluation thématiques deviennent donc à la mode pour faire du buzz ou rémunérer directement leurs fondateurs. Outre le fait que l’on s’écarte un peu des fondamentaux du web participatif, ces initatives comporte un risque de réputation évident pour les entreprises et les personnes concernées dans la mesure où l’anonymat est roi. Avis dévastateurs, destabilisation, rumeurs, astroturfing en perspective sur ces sites qui impose la vigilance, encore une fois. D’ailleurs, en surfant sur NoteTonEntreprise je suis tombé sur plusieurs avis ultra-négatifs dont le ton laissant planer le doute quant à leur véracité…

A noter que les collaborateurs de l’agence Heaven ont bien compris le principe puisqu’il y a déjà 11 avis favorables [totalement anonymes] qui place l’agence parmi les entreprises les plus populaires du site.
Pour surfer sur NoteTonEntreprise, c’est ici
Les nouveaux métiers du Web 2.0
C’est à l’origine une étude de Forrester réalisée par un expert du social computing reprise par l’Atelier de BNP Paribas qui confirme l’importance grandissante des profils de collaborateurs capables de développer un tissu de relations communautaires internes et externes à l’entreprise.

2 postés clés à l’avenir:
- Le social computing strategist est chargé de concevoir le réseau d’entreprise en fonction des orientations stratégiques prises par la direction. Ses compétences sont à mi-chemin entre le knowledge management, la veille et l’intelligence économique. Son but: Tirer partie du besoin d’interactivité et d’implication des communautés pour amener de la valeur ajoutée dans l’entreprise.
- Le community manager est responsable de l’animation des communautés [interne et externe] de l’entreprise. Il possède une excellente culture web et tire partie de son expérience pour choisir et mettre en place les outils participatifs. Son but: organiser la remontée d’informations terrain, animer un réseau d’experts/salariés/clients/ fournisseurs en suivant les décisions prises par le social computing strategist.
Ces profils de postes ne sont pas sans rappeler certains métiers propres à l’intelligence économique comme le responsable de cellule IE et le chargé de mission IE. Ce sera donc peut être une porte d’entrée supplémentaire pour les profils IE en entreprise.
L’activité semble d’ailleurs prometteuse puisque des cabinets de recrutement spécialisés comme TalentSoft montent au créneau…
A propos de Nicolas Princen
Sarkozy ou non, un veilleur de l’Internet dans l’équipe de communication d’un président de société ou de république, cela paraît… allez, je me lance… je prends un risque insensé, j’ose l’écrire, cela paraît …. banal. Ne tirez pas ! Drapeau blanc.
Gilles Klein, 19 mars 2008, sur Le monde des Blogs
- Lire à propos de cette polémique l’article « E-reputation du président sous surveillance«
E-réputation du président sous surveillance
Une actu qui fait pas mal de buzz sur la toile et qui concerne spécifiquement la veille d’opinion: la nomination de Nicolas Princen [Normalien-HEC, 24 ans] en tant que chargé de veille de la réputation du Président sur le net.


L’info a été publiée par LePost hier et fait beaucoup d’émules chez des blogueurs politiques et militants qui y voient une atteinte de leur liberté d’expression. Ce qui me frappe davantage, en tant que chargé de veille, c’est que cette démarche de surveillance du buzz autour de N.Sarkozy n’ai pas été mise en place dès le début de son mandat présidentiel, étant donné l’exposition médiatique du personnage et les possibilités qu’offrent la veille d’opinion sur Internet pour ‘travailler’ une image au quotidien.
Cette nomination apporte en tout cas la confirmation du poids d’Internet et des opinions en ligne dans le débat politique français. Le web communautaire constitue à la fois un vivier d’idées novatrices et d’initiatives citoyennes, un excellent baromètre de l’opinion publique et un catalyseur de rumeurs…Bref, un espace de discussions publique central à prendre en compte par toute personnalité ou entreprise visible.
Le rôle de Nicolas Princen sera vraisemblablement de faire des remontées d’informations régulières à Franck Louvrier concernant la teneur du débat politique en ligne, l’émergence et la propagation des rumeurs sur la personnalité du président, les points d’incompréhension dans ses déplacements, ses déclarations et dans les actions gouvernementales qui le concerne [même si le SIG fait déjà ce travail]. Ceci étant, je m’interroge sur la marge de manoeuvre de Nicolas Princen en terme de prise de parole et de moyens d’action. Astroturfing élyséen en perspective?…je penche davantage pour une gestion éditoriale plus réactive et plus ciblée du site de l’Elysée grâce à ce travail de veille d’opinion.
Pour finir, je souhaite bonne chance à Nicolas Princen [qui a d'ores et déjà assumé certaines responsabilités dans la gestion du site de campagne de N.Sarkozy] dans sa nouvelle mission, car la veille d’opinion est un métier passionnant. Une dernière suggestion, je lui conseillerais de commencer par une rapide analyse du buzz qui entoure sa prise de fonction [connaît toi toi même] avant de s’attaquer à celle de son patron…
Etude sur l’emploi en intelligence économique 07-08
Curieux de connaître précisément les secteurs qui recrutent le plus en intelligence économique et les profils les plus recherchés, j’ai réalisé une étude statistique à partir des offres mises en ligne sur le blog Veille et TIC tenu par 2 demoiselles de l’IE.
Détails méthodologiques
- J’ai considéré que le blog Veille et TIC drainait la grande majorité des offres d’emplois et de stages en IE en France, hors bouche-à-oreille pro, et que le biais statistique serait par conséquent limité.
- La période d’analyse va de octobre 2007 à mars 2008 et s’appuie sur un total de 131 offres.
Les résultats de l’étude:
1. Le ratio Stage/emploi

Le secteur de l’IE n’échappe pas à la règle du recours [parfois abusif] aux stagiaires pour implanter une cellule d’intelligence économique ou pour effectuer des rapports de veille concurrentielle ponctuels. Le ratio emploi/stage n’est toutefois pas énormément déséquilibré.
2. Le type de postes recherchés

Sans surprise, l’IE est majoritairement utilisée pour observer les entreprises de son secteur, dans le cadre d’une veille concurrentielle et stratégique [23%], et pour anticiper les évolutions technologiques [18%] susceptibles de créer des opportunités ou des menaces. Les missions d’IE globales [15%] concernent en priorité les entreprises cherchant un responsable IE « touche à tout » et les demandes des organismes publics [pôles de compétitivité ou CRCI]. Les offres en Knowledge management [11%] proviennent des SSII comme Unilog et des cabinets de conseil en management qui recherchent des consultants en systèmes d’informations. En dehors de ça, la veille 2.0 [ou veille communautaire] commence à se développer car les demandes des entreprises en la matière se font plus nombreuses et plus concrètes, même si elle ne représente que 5% des offres.
3. Types d’entreprises et secteurs demandeurs d’intelligence économique

Les besoins en IE sont largement dispersés comme on peut le voir ci-dessus. Les cabinets de conseil [11%] [9%] qui sollicitent des experts en analyse du risque, sur la réglementation et l’environnement concurrentiel. Les en management ou en stratégie d’entreprise sont les 1ers demandeurs d’IE dans une optique marché, tout comme les banques, assurances et organismes de crédit [11%] qui recherchent principalement une expertise en veille technologique. On retrouve également en bonne place les grands groupes pétroliers et de l’énergie [9%] qui sollicitent des experts en analyse du risque, sur la réglementation et l’environnement concurrentiel. Les organismes publics [7%] se distinguent notamment grâce à la politique de sensibilisation régionale et locale entreprise par Alain Juillet et grâce au démarrage des pôles de compétitivité. Viennent ensuite les agences de com’ [6%] avec la veille internet et les cabinet d’IE qui ne représentent que 5% des offres, en préférant souvent leurs réseaux aux annonces publiques. A noter que les groupes pharmaceutiques [5%] sont faibles demandeurs car bénéficiant d’une certaine maturité en terme d’IE. La défense [2%] et l’aéronautique [2%] n’effectuent que très peu de recrutements civils en raison de la sensibilité du secteur et de la spécificité des profils recherchés.
Voilà. J’espère que cette étude vous permettra d’avoir une vision plus précise des disciplines et secteurs propres à l’intelligence économique et que ce travail vous apportera une analyse complémentaire à celle de Troover. N’hésitez pas à me solliciter si besoin et merci encore à Veille et TIC pour sa contribution à la blogosphère IE.
L’étude sur Slides share
| ViewLettre d’information VigIE, février 2008
La lettre VigIE de février 2008 a été postée sur le portail de l’Icomtec de Poitiers et propose un dossier spécial sur « L’intelligence marketing : nouveau concept à la mode ou réelle démarche ? ». Impressions…

D’une manière générale, la VigIE est un papier de bonne qualité avec des analyses de tendances, interviews et autres dossiers souvent intéressants que je prends plaisir à lire, d’autant plus qu’elle est rédigée par des étudiants.
Le dossier sur l’intelligence marketing, signé Mathilde Danquechin Dorval, permet de réviser rapidement le contexte actuel d’exercice du marketing, notamment les évolutions technologiques [Web 2.0] et sociétales [Advocacy]. A lire.
Réponses perso aux questions soulevées:
- L’intelligence marketing n’est pas un effet de mode ou un « opportunisme sémantique », mais bien une notion concrète appliquée par des agences et départements marketing qui ont fait le constat de l’intelligence des foules et de la nécessité de mettre en place des outils de surveillance et des méthodes d’action à la mesure des changements induits par le web.
- Entre veille et intelligence marketing, je pense qu’il n’y a qu’un pas, dès lors que l’on arrive à tirer profit du travail de veille en engageant une réflexion interne à l’entreprise [stratégie marketing, segmentation de produit...] et en influencant ses publics cibles à l’aide de nouvelles méthodes [buzzmarketing, social networking, com' d'influence en ligne...].
- En ce qui concerne l’analyse du « buzz digital », le recours aux logiciels de veille est une composante indispensable de ce travail car il automatise la collecte d’informations, mais il ne peut en aucun cas se soustraire à l’intelligence humaine: L’extraction de concepts, les liens supposés entre personnes-organisations et la volumétrie ne sont que des outils au service de la compréhension. Par exemple, la notion d »influence » sur internet fait débat en ce moment, précisément parce qu’elle résulte de la confrontation de paramètres plus ou moins objectifs qui requiert l’intelligence humaine.
- A propos de la « surveillance de la satisfaction client », il y a une nette distinction à faire entre l’utilisation de questionnaire et la veille, puisqu’un questionnnaire est par essence orienté. L’intérêt de la veille communautaire et de pouvoir observer sans influencer, et les enseignements marketing n’en sont que plus valorisables.
Ce qui est sûr, c’est que les marchés sont désormais des conversations.
Les nouveaux acheteurs du net
Une nouvelle étude sur les comportements d’achat en Europe réalisée par l’EIAA [European Interactive Advertising Association] vient de sortir et confirme le poids du net dans le passage à l’acte du consommateur…

Les chiffres clés de l’étude
- 40% des internautes européens ont changé d’avis à propos d’une marque en effectuant des recherches sur le net
- 72% considérent les avis de consommateurs comme une source de renseignements importante, contre seulement 59% pour les sites de marques connus [!]
- L’informatique [59%] et les voyages [43%] sont les domaines où l’influence ressentie est la plus forte
- 80% ont déjà réalisé des achats en ligne
- Répartition des achats fréquents:

- Pour parcourir l’étude de l’EIAA, c’est par ici:
Pub Volkswagen
Après la pub de Gmail en Russie, c’est au tour de Volkswagen de s’essayer à la technique du trompe l’oeil pour lancer son nouveau site anglais…
Volkswagen uk est signé Tribal DDB et propose un module de visualisation 3D des voitures de la marques. Très réussi, même si l’accès à l’information est plus compliqué.
A essayer.

La fin des Newsgroups?
Je viens de tomber sur une étude statistique de l’équipe d’Aléa qui présente la volumétrie des articles postés sur l’ensemble des forums Usenet entre 2001 et 2008.

Le nombre de contributions et d’auteurs est en baisse depuis 2003 en raison de la forte concurrence des autres services de communication [blogs, wikis, forums internet]. C’est donc la mort programmée d’un ancêtre du web participatif qui s’annonce…
Pour la petite histoire, les newsgroups ont été inventé en 1979 par un groupe d’étudiants américains et incarnent le 1er système global de forums de discussions. La majorité des internautes qui les fréquentent aujourd’hui utilisent le service Google.
- Pour les amateurs de statistiques, toutes les données proviennent de cette source.
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